Mariana Ramos - Mornador (2007)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/07-11/mariana_mornador_front.jpg Mornador par Mariana Ramos 3567254629021

Le premier album à vocation internationale de la Capverdienne émue par les divas du jazz qu’elle marie élégamment au spleen maritime et à la sensualité de son pays.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Mornador

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Date de parution: 
2007
Réf
types de supports: 
Digipack
3567254629021
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Après deux CD plus ou moins confinés dans la communauté capverdienne, cet album de 2007 ouvre la voie vers le grand public à cette voix unique, originaire du « petit pays » de Cesaria Evora. Parmi les Capverdiens, dont onze sur dix sont musiciens, dit-on, Mariana se distingue par un style plus ample qui évoque irrésistiblement les divas du jazz quand elle délie un peu plus qu’à l’accoutumée son phrasé.

Une marque qu’elle imprime dès le premier titre de cette quinzaine de chansons aux manières variées, la morna captivante Vocação (vocation) ; « Révèle-moi la morna/Inspire-moi la tradition/J’ai rêvé d’être chanteuse ». Voilà, c’est fait pour celle qui craignait que la stature du père ne risquât d’être plus un obstacle qu’un avantage dans sa carrière. Celle qui cherchait à ses débuts la sincérité du public disait : « J’ai refusé à mon père de participer à l’enregistrement de mon premier album en 1999, malgré son insistance. Je ne voulais pas être “la fille de” ».

Son géniteur, le playboy Toy Ramos appartient à la légende de la musique du Cap-Vert, la Voz de Cabo Verde, le groupe qui a révolutionné en quatre ans seulement, 1966-70, les rythmes du pays alors en lutte pour son indépendance acquise en 1975. Aujourd’hui, la guitare acoustique et le cavaquinho de Toy accompagnent au moins cinq chansons de sa fille, notamment sur Cé la vida, un swing captivant marqué par une flûte alerte, signé par le surdoué Boy Gé Mendes, une des plus belles compositions du disque : « Life is just a game/No one is to blame/Cé la vie ».

Le papa co-signe aussi avec Mariana trois chansons, comme la coladeira enlevée Nha mocidade (ma jeunesse) et surtout Mornador (le faiseur de morna), une langueur qui invite irrésistiblement à l’abandon sur des accords de piano qui se balade nonchalamment entre jazz, bossa, et la saudade de la morna, bien sûr. Une réussite rééditée sur Crépuscular solidão (crépusculaire solitude), une sorte de prière écrite et chantée en capverdien par Teofilo Chantre alors que Mariana lui donne la réplique en français.

Elle retrouve un rythme majeur du Cap-Vert, la fièvre du funaná, Es so serrado (très collé-serré), proche de la tradition avec l’accordéon souverain du Malgache parisien Régis Gizavo. Un chant écrit par Nazalio Fortes, poète capverdien talentueux mais méconnu, replié à Rotterdam : « Il a quitté San Domingos/pour se rendre à Somada/Avec ses pieds nus/Et son accordéon autour du cou ».

L’album réalisé par le Français Lucien Zerrad est une musique prodigue, sereine, un chant limpide et sophistiqué. Depuis, les Capverdiens disent à Mariana : « Toi, on reconnaît ta voix tout de suite ». Le plus beau des compliments pour elle.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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