Mahwash - Radio Kaboul (2003)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/05-11/mahwash_radiokaboul_front.jpg Radio Kaboul par Mahwash 794881729623

Entre saudade et douleur, la voix sublime de Farida Mahwash exhume de l’oubli un âge d’or de la musique afghane popularisée dès les années 1940 par Radio Kaboul.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 15
Type de produit: 
Album

Radio Kaboul

label: 
Date de parution: 
2003
Réf
types de supports: 
Digipack
794881729623
0

Musique de saudade et de douleur : Farida Mahwash et l’Ensemble Radio Kaboul ne vivent plus en Afghanistan. La diva est réfugiée depuis une vingtaine d’années aux Etats-Unis, alors qu'une partie de son groupe vit en Suisse, Hossein Arman (harmonium), son fils Khaled (rubâb, tanbur, delrubâ, arrangements), Ghulam Nejrawi (zerbaghali), Fawad Taheri (violon), le Français Henri Tournier (bansuri), le Franco-Indien Prabhu Edouard (tabla, dhol) résident à Paris.

L'ensemble joue des mélodies contemplatives, des airs d’amour divin comme Ivre de ghazal, un des  meilleurs titre de l’album chanté par une voix gracieuse, lente. Mahwash interprète un poème soufi persan d’auteur inconnu sur une musique de Mohammad Hâshem Chesht, un de ses premiers maîtres, assassiné en Allemagne en 1994 par un disciple, sans raison apparente. Avant son exil, ce compositeur de génie avait fait les beaux jours de Radio Kaboul. Créée dans les années 1940, la station avait drainé dans ses locaux la plupart des musiciens du pays, qu’ils soient orchestres traditionnels, savants ou populaires, folkloristes ou modernistes souvent issus de l’armée.

Cette douzaine de titres constituent un hommage remarquable à la radio qui avait commencé à sortir du mépris et de la condescendance sociale les artistes afghans avant d’être rattrapée par les conflits politiques de l’occupation soviétique du pays en 1980. Ainsi Fazel Ahmad Naynawâz, dont la belle et douce composition Beshnaw az naï (écoute le ney) sur des vers du plus grand poète soufi, le Persan Mawlânâ Jalâl ud-Dîn Balkhi Rûmî (XIIIe siècle), a été assassiné durant l’ère communiste.

Entre le savant khyal et le ghazal, plus populaire comme Laïli djân (Laïli ma bien-aimée), un chagrin bien terrestre, Farida Mahwash et Hossein Arman exhument de l’oubli un âge d’or de la musique afghane dont ils sont les derniers rescapés. D’ailleurs, le précieux livret accompagnant l’album nous apprend qu’avant de mourir de tristesse, parce que interdit de radio, le célèbre chanteur moderniste Ibrahim Nassim, frère aîné de Hossein, s’est enfui de son pays avec des photos d’artistes amis cousues dans la doublure de son manteau, sauvées ainsi des locaux détruits de Radio Kaboul par la guerre et l’intolérance talibane tout comme « leurs compositions gravées dans sa mémoire ».

Par David Marif | akhaba.com

Albums proches
Recommandé si vous aimez
extract1: 
Mots Cles
portrait: 
Genre: 
Région: 
Thème: 
Partager | translate
commentaires