Lucilla Galeazzi - Stagioni (2005)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/08-12/lucillagaleazzi_stagioni_front.jpg Stagioni par Lucilla Galeazzi 3341348601144

Revivifiant les traditions musicales italiennes, cette voix émouvante explore superbement ici les thèmes des terroirs, les chants de labeur, la mémoire féminine, entre drame et fête.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 13
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Stagioni

label: 
Date de parution: 
2005
Réf
types de supports: 
CD
3341348601144
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Près de vingt morceaux constituent cette remarquable compilation de chants d’une des plus belles voix d’Italie. Longtemps compagne de route du Giovanna Marini Quartet, Lucilla continue, tout comme la marraine de la revivification des traditions musicales italiennes, à explorer les thèmes des terroirs, les chants de labeur, la mémoire féminine, le souvenir d’enfance, entre drame et légèreté comme celle d’Era una notte chiarra. Cette fête de nuit claire où souffle le launeddas sarde, grattent les chitarra et contrebasse, et frappent les percussions dans cette farandole entraînante « qui cassait le rythme imposé par le patron ou la saison ». Lucilla Galeazzi sublime aussi l’utopie, les luttes sociales, le courage de ces travailleuses de l’usine de jute employant ses tantes et ses grand-mères dans Cinturini, mené tel un chant de partisan, célébrant la beauté des ouvrières.

Lucilla déclame avec une voix ample, profonde, émouvante, parfois intime tel ce lamento de Quante stelle nel cielo (combien d’étoiles dans le ciel), appréhendant la fugacité de l’amant sur un blues de chitarra méditative. L’artiste se permet aussi de détourner les usages quand c’est une femme qui chante pour la première fois une sérénade et non plus un homme. Una serenata où la voix supplie et rugit sur le bourdon obsédant du launeddas, à la limite de la transe. Une angoisse qu’exorcise la tarentelle de Notte scura (nuit obscure), une musique de film composée par Philippe Eidel où Lucilla étale toutes les nuances de son large registre vocal, du murmure à l’orage. La complainte est tellurique avec Voi che amate, une dévotion de l’époque de Saint François d’Assise, un chant poignant de la Vierge typique à l’Ombrie, la terre natale de Lucilla qui se promène aisément dans la plupart des traditions locales d’Italie, saltarello, tarentelle, tammuriata et va jusqu’au jazz dans Amare me, une chanson où explose le défoulement des amertumes de la vie.

Ce n’est peut-être pas par hasard pour la chanteuse quand sa région se situe exactement au centre de la Péninsule, carrefour de passage naturel entre Nord et Sud, Est et Ouest. Elba est une musique foisonnante de styles, acoustique et moderne, où semblent claquer des castagnettes, s’épancher un accordéon. Une percussion évoque une frappe orientale quand la chanson parle du temps qui passe, utilisant la parabole du désert qui ronge petit à petit cette cité syrienne du IIIe millénaire avant J.-C.. Ici, il n’y a rien à jeter dans ce copieux florilège de l’autre pasionaria de la néo-tradition italienne, universelle tout court.

Par David Marif | akhaba.com

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