Lucilla Galeazzi - Encore Bella Ciao (2011)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/10-11/lucillagaleazzi_encorebellaciao_front.jpg Encore Bella Ciao par Lucilla Galeazzi 3760051123024

Cette figure du renouveau de la musique populaire italienne chante des poèmes réalistes ou oniriques d’une voix exceptionnelle, accompagnée par une guitare obsédante.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Encore Bella Ciao

label: 
Date de parution: 
2011
Réf
types de supports: 
CD
3760051123024
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« Pour tes jours fracassés/Au beau milieu de la vie/Pour tes fils jamais nés/pour toi Serge je chanterai ». C’est le poème le plus dramatique, le plus bouleversant de ces douze titres de Lucilla Galeazzi, dix-sept ans de compagnonnage passés avec le Quatuor vocal Giovanna Marini, la papesse du renouveau du chant traditionnel italien. Lucilla déclame son Per Sergio d’une voix ample, profonde, un lamento de veillée funèbre pour pleurer Sergio Secci, mort, comme 85 autres, à la gare de Bologne en août 1980 dans un attentat fasciste. Lucilla Galeazzi est une artiste de l’engagement politique, de la revendication sociale, de la défense des cultures populaires régionales, comme la tarentelle qu'elle chante souvent ici.

Lucilla Galeazzi est dans la lignée de ce revival des traditions populaires démarré au milieu des années 1960 quand en 1964, le Nuovo Canzoniere Italiano présenta au festival des Deux mondes de Spolète son spectacle intitulé Bella ciao, des chansons inspirées de la vie quotidienne. « Le scandale fut immédiat ! », nous apprend Lucilla. Maintenant, le « scandale » est bien installé et a bellement régénéré la tradition italienne où Lucilla puise la vigueur de son folk, toujours lié à la vie du peuple, à l’exemple de La Tarantella de lu terremotu, des vers furieux, une guitare tranchante, un blues indigné dénonçant les « canailles » qui ont profité du tremblement de terre de L’Aquila d’avril 2009 faisant plus de 300 morts au centre de l’Italie.

Le plus souvent dans ce nouvel album de 2011 tiré de la création de Lucilla, Encore bella ciao, conçue en 2009, c’est la tendresse qui prime comme Avó ! L’Amuri miu, berceuse attachante du répertoire sicilien. Autre chanson du patrimoine insulaire, A’ Virrinedda est ensoleillée par la voix lumineuse de la chanteuse sur les envolées frémissantes de la guitare battante de Davide Polizzotto, l’expert qui accompagne Lucilla sur la plupart des morceaux du disque où intervient parfois un autre guitariste, Stefano Scatozza. Un chant où perce la gaieté de l’amour : « J’aimerais m’acheter un vilebrequin/Pour percer ta porte cette nuit ».

Mais parfois, l’amour est tragédie quand il est tu, ne se manifeste pas, Quelle parole : « De tout cet amour et qu’il me tue/Sinon je dois te dire que j’en ai plein le cœur/De tout cet amour et que je te hais aussi ». Un chant qui étale la souplesse vocale exceptionnelle de Lucilla qui sait étirer les syllabes, monter de la voix comme dans la première chanson, Mamma Mamma Mamma damme cento lire, où une guitare sensible soutient cette complainte sur l’émigration italienne vers l’Amérique à la fin du XIXe siècle.

Bien sûr, la cerise sur le gâteau est promise à la fin, le célébrissime chant des partisans italiens, Bella ciao. Une version personnelle, douce, qui résume la façon d’interpréter de Lucilla Galeazzi évoquant toujours des thèmes réalistes avec une part de rêverie qui n’est jamais déconnectée de la vraie vie.

Par David Marif | akhaba.com

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