Lounès Matoub - Une Vie (2008)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/07-11/matoub_une-vie_front.jpg Une Vie par Lounès Matoub 3760051122157

La diction impeccable, la mesure juste, le plus écorché des chanteurs modernes kabyles sublime le chaâbi du petit peuple d’Alger, la tradition des villages du Djurdjura.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Une Vie

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Date de parution: 
2008
Réf
types de supports: 
CD
3760051122157
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Seize chansons datant de 1983 à 1998 du plus écorché des chanteurs modernes kabyles qui expriment une culture marginalisée en Algérie jusqu’à ces dernières années, alors que dès 1975, A Vava inouva d’Idir faisait le tour du monde, reprise en plusieurs langues.  Sortie en 2008, cette compilation est le meilleur hommage rendu à un artiste célèbre aussi pour sa grande liberté de parole, parfois à l’emporte-pièce. Dans la nouvelle chanson amazigh d’Algérie, Lounès Matoub reste celui qui a le plus chanté le chaâbi.

La diction impeccable, la mesure juste, il sublime ce blues du petit peuple d’Alger, très souvent originaire de Kabylie, dans La Déchirure et surtout Afalku bezru leytriv, un échange émouvant entre une mère sans illusion et son fils conscrit en permission doutant de retrouver les siens sur des rythmes lancinants succédant à un prélude vocal captivant. Entre barde à l’ancienne et crooner d’aujourd’hui, Lounès chante d’une voix qui charme des airs directement liés à la tradition des bourgs vallonnés, des hameaux hauts perchés du Djurdjura où il était né en 1956 avant de mourir un 25 juin 1998, assassiné sur la route de son village, en pleine guerre entre les islamistes armés du GIA et le pouvoir des généraux.

Matoub pleure son ami Tahar Djaout (1954-1993), une des premières victimes intellectuelles du conflit fratricide, avec Kenza, prénom de la fille de l’écrivain journaliste dont l’assassinat avait provoqué une très grande émotion en Algérie et jusqu’en France. Les musiques berbères de Matoub sont le plus souvent des cadences faites pour la danse comme le frémissant Avrid atnaqel, qui ouvre judicieusement ce recueil, ou Ass a Aggazairi, une composition originale pleine de trouvailles mélodiques.

Tout comme Sidi Abderrahmane (saint patron d’Alger), un joli hymne à la joie et aussi à la JSK (Jeunesse Sportive de Kabylie), le club de foot identitaire plusieurs fois champion d’Algérie et d’Afrique. Guitare, basse, mandole, derbouka, basse, une pointe de synthé parfois une flûte ou un violon, Matoub compose un équilibre délicat, séduisant, entre le terroir kabyle, le chaâbi citadin, voire la musique du Caire (Tiyri n taggalt) et quelque façon de faire des musiques modernes.

Lounès revendique comme inspiration les premières modernisations du folklore kabyle par Cheikh El Hasnaoui (1910- 2002) et le chaâbi concerné de Dahmane El Harrachi (1926-1980), deux chroniqueurs acerbes de l’immigration algérienne en France où vivait aussi Lounès Matoub.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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