Les Imazighen Chants du Moyen-Atlas (2002)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/05-13/imazighen_chantsmoyen-atlas_front.jpg Les Imazighen Chants du Moyen-Atlas par 794881707621

La fraîcheur du folklore berbère de l’Atlas est ici restituée en un florilège d’enregistrements d’archives réalisés au Centre Tarik Ibn Zyad.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Les Imazighen Chants du Moyen-Atlas

Date de parution: 
2002
Réf
types de supports: 
Digipack
794881707621
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Hormis les genres Gnawa ou Aïssawa, désormais connus du public français, ce dernier a peu d’opportunités de découvrir d’autres folklores du Maroc, confinés essentiellement à la production communautaire. L'Institut du Monde Arabe, ici aux frontières ethniques de sa raison d'être, présente quatre genres lyriques berbères typiques de l'Atlas enregistrés au centre culturel Tarik Ibn Zyad.

Chant pastoral de plein air, le chant sentimental izlan des montagnards est traditionnellement accompagné au petit luth lotar ou à la vièle. Dans le sillage des bardes Ineccaden, il fut popularisé par des enregistrements commerciaux en berbère, puis en arabe : A yelli Inu, Iberdane et A-laâmriw sont autant d'hommages à Mohamed Rouicha (1950-2012) de Khénifra, son plus fameux chantre. Après un court taqsim pentatonique dans un mètre incertain, le luth immense de Rouicha, tel une guitare basse, fait rebondir les phrases pentatoniques par des roulements d'accords descendants, à contre temps des bendirs. Avec l’énergie du minimalisme. L’artiste l’a notoirement formaté pour le studio, en systématisant chœurs et section rythmique. Le livret souligne aussi sa diction larmoyante caractéristique. Chawla ganegh, par Moha Oulmoudden, est une perle du genre.

La suite Wala nabdu est introduite par la troublante déclamation tamawayt, expression sentimentale spontanée. Un cri fantastique d'amour. Prise entre émotion brute et jeu vocal, la nudité de la voix rend parfaitement celle des sentiments. Une sensation communicative. On peut déplorer que cette scansion libre, répandue dans l’Atlas, soit si rare dans la discographie ethnique.

L'izlan est aussi interprété pour la danse emblématique ahidous, où deux chœurs d'hommes (Islan, A bab nukham, Iqur I-henna) ou de femmes (Akemus) se répondent strophe à strophe. Aspiré par la syncope entretenue des bendirs, cette danse villageoise se caractérise par davantage de tension contenue. Ses couplets vainquent progressivement la sensation de répétition, au prix de discrets glissements modaux, ou d’embardées indicibles de la syncope.

Enfin, l’album illustre les joutes oratoires des poètes itinérants Imedyazen. Ceux-ci aiment à chanter en public leurs opinions par de longues déclamations tamedyazt a capella (El hayat u-medyaz, Awal). Un livret pédagogique détaille ces essentiels de la culture amazighe. La compilation pallie à la disparition inattendue de Rouicha, dont le fils Ahmed Allah, nous gratifiera, à la grâce de Dieu, de la même créativité que son père.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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