Les Aïssawas de Fès - Rituel de transe (1995)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/05-12/ritueldetranse_front.jpg Rituel de transe par Les Aïssawas de Fès 794881498024

Cet enregistrement d’une nuit de transe à l’Institut du monde arabe de Paris est un document impressionnant et envoûtant sur la plus grande confrérie soufie du Maroc.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Rituel de transe

Date de parution: 
1995
Réf
types de supports: 
Digipack
794881498024
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Djellabas moirées, étendards brodés, chœurs de louanges, trompes d’apparat, la confrérie fervente des Aïssawa cultive une certaine parade folklorique. Cette branche marocaine de l’obédience soufie Shadhiliyyah monopolise la vie spirituelle des villes impériales marocaines à la suite de son saint fondateur Sidi Mohamed Ben Aïssa (1465/66 ?-1523) dont le mausolée à Meknès est un lieu de pèlerinage très fréquenté.

En 1994, la communauté voisine de Fès a réinterprété sur la scène de l’Institut du Monde arabe la frénésie progressive d’une hadra, séance de transe. Son répertoire musical concatène des rythmes soutenus du Souss et de l’Atlas, à des chants gnawa et à la liesse des hautbois ruraux ghaïtas. Les rythmes chaloupés portent graduellement les adeptes vers un vertige possessif dans un esprit de communion totale.

Ouverture : l’unisson parfait des ghaïtas suspend l’auditeur à la solennité du moment (Tahlîl). Les chants de transe qui suivent, sont un perpétuel recommencement de l’emballement trépidant des tambours : d’abord, les dhikr responsoriaux, Râkib iburaq et Allahumma salli, enchaînent de lentes polyrythmies les unes aux autres. Répondant aux louanges pieuses, les bendirs et tarijas s’ébrouent. La cymbale tassa galvanise par épisodes fiévreux leurs refrains, à la façon des crotales gnawa.

Dans l’interminable imploration Suite de chants hurm, la voix du dekkar, l’invocateur, domine les réponses du chœur des initiés. Elle imprime à chaque strophe un accent plus dramatique par un léger glissement modal. Comme à chaque fois, la polyrythmie s’enflamme par pallier en avalanche de battements, et culmine ici avec le salut final des trompes nafirs.

Au cœur de la transe (Dkhûl l-hadra, Jilâliyya), les ghaïtas stridentes supplantent finalement la louange dans leur compétition avec les tambourins. L’instrumental prend le pas sur la louange, le rythme sur les esprits. A cet instant, la saturation des sens induit la transe des adeptes.

Les voix sont brisées depuis longtemps, rompues par l’énergie du groupe. Mais les tambourinaires se lèvent. La confusion est d’abord complète, lorsque les ghaïtas dans Mjerred, la danse des initiés, vampent les thèmes entêtants du zumari des possessions à Zanzibar, pourtant méconnus dans cette partie du monde.

Une fois encore, c’est la section des ghaïtas virtuoses qui illumine le rituel. Elle vainc les percussions en une envolée suraiguë de plusieurs minutes (Dkhûl l-hadra). Chaque adepte, immergé dans le son, communie désormais dans le rythme surchauffé (Jilâliyya). Malgré les risques de la prise de son en scène, le mixage s’est bien accommodé des difficultés techniques pour restituer l’atmosphère de cette nuit d'extase divine.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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