Léritaj Mona (2006)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/02-12/leritajmona_front.jpg Léritaj Mona par 3760051121624

De belles reprises de cette mémoire créole qui commémorent le quinzième anniversaire de la disparition du chanteur flûtiste martiniquais dit « le nègre debout ».

label: 
"Médias > Musique"
EUR 10.9
Type de produit: 
Album

Léritaj Mona

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Date de parution: 
2006
Réf
types de supports: 
Digipack
3760051121624
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De belles reprises d’une douzaine de compositions et de textes d’Eugène Nilecam dit Eugène Mona, qui commémorent le quinzième anniversaire de sa disparition le 21 septembre 1991. Le chanteur flûtiste aux pieds nus, surnommé « le nègre debout » ou « poto mitan », reste à lui seul une mémoire puissante de la culture créole. Ils sont une douzaine d’artistes ici à chanter ce dépositaire de l’identité musicale de la Martinique. Parti à seulement quarante-huit ans, Mona marque pourtant plusieurs générations de Martiniquais et Guadeloupéens, musiciens ou non.

Eugène se considérait artiste créole en revendiquant les héritages africain et européen, mais aussi indien quand il introduit des sonorités tamoules dans ses musiques détonantes, à l’exemple de ce florilège séduisant où l’on entend sa voix rouillée dans la reprise de Bidon dachin’ par l’émouvant Pipo Gertrude. Le chanteur remarquable de Malavoi récite ici une douce psalmodie qui se remémore la trop longue nuit de l’asservissement des déportés africains : « Grand-mère dit-on était jument/Grand-père dit-on était bourrique/Nous sommes les leurs et solides ».

Ce disque va captiver les néophytes qui ne savent de la musique martiniquaise que le zouk actuel et réjouir les connaisseurs qui en ont justement marre qu’elle ne soit réduite qu’à ce bal synthétique. D’ailleurs, l’un des importants inventeurs du genre, le fin Jean-Michel Rotin, réussit ici une démonstration brillante en subtilité et émotion de ce qu’est le véritable zouk en reprenant avec sa voix sensuelle Bégui bégui bang. D’autres chansons sont de fébriles processions comme Mil lago déclamée par la voix épaisse de François Ladrezeau du groupe guadeloupéen Akiyo sur un rythme de tambours ka frénétiques, une cadence dite gwoka en Guadeloupe et qui s’appelle bèlè en Martinique.

Des écrivains, comme Patrick Chamoiseau ou Raphaël Confiant, ont consacré de superbes pages à Eugène Mona dont les chants possèdent un puissant contenu littéraire créole, alors qu’Olivier Jean-Alphonse rechante ici son Oui je finirai aux allures testamentaires : « Et je finirai comme fini l'oiseau qui chante ses chansons/Y’a pas de saison/Et je finirai comme fini l'oiseau qui chante ses chansons pour le nègre marron ». C’est-à-dire libre, donc insoumis.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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