Le Ramadan en fête (2010)

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Ce recueil spécial ramadan est surtout une compilation de chaâbi algérien, soit trois générations d’interprètes de ce blues de la Casbah qui sait aussi faire la fête.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Le Ramadan en fête

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Date de parution: 
2010
Réf
types de supports: 
2xCD
3700409806674
0

En fait, ces « 20 chansons pour les veillées du ramadan », sous-titre de cette compilation publiée en 2010, est surtout un recueil de chaâbi algérien. Cette musique, fortement inspirée par la poésie melhoun marocaine, est née dans les années 1940 quand M’hamed El Anka (1907-1978) lui donne à Alger sa formule définitive qui se propage aussi à Mostaganem. Ce fondateur prépondérant rappelle ici avec Ya Rabi (ô mon Dieu) que le chaâbi du petit peuple d'Alger, anciennement goûté dans les fumeries de haschich et d’opium, sait aussi chanter des poèmes mystiques.

Cette compilation nous fait retrouver avec plaisir au moins trois âges du chaâbi (populaire, en arabe), les anciens comme El Hachemi Guerouabi (1938-2006), la meilleure diction du genre, interprète du superbe texte Kifache hilti (que faire pour m’en sortir) du poète mostaganémois Belkacem Ould Saïd (1892-1945) : « Cesse tes reproches censeur/Pourquoi me blâmes-tu/Si tu avais éprouvé la morsure de ma passion/Mes pleurs t'arracheraient des larmes ».

Belle gueule, comédien aussi, Guerouabi figurait parmi la génération des septuagénaires actuels, Amar El Achab, une voix fine chantant Ellah yahdiq (sois raisonnable), Abdelkader Chaou, un timbre pur interprétant Ghram kdem lala (un vieil amour ma chère) ou Amar Ezzahi reprenant en chaâbi un standard du style hawzi (genre dérivé de la musique arabo-andalouse dès le XVIIe siècle à Tlemcen), Youm el khemis (ce jeudi-là).

El Anka marque aussi de plus jeunes comme Aziouz Raïs, cinquante-sept ans, déclamant ici son succès Zenouba, ou le sexagénaire Kamel Bourdib reprenant avec son banjo aigrelet une chanson célèbre du maître, Sebhane Allah (gloire à Dieu), avec sa voix rocailleuse, un chouïa gâchée par la réverbération. Un timbre si proche de celui de Dahmane El Harrachi (1925-1980), le bluesman pendant plus d’un quart de siècle de l’immigration algérienne en France à qui il serinait Ya Dzaïr (ô Algérie) ou la nostalgie du pays sur des airs de banjo, mandole, oud, violon, derbouka.

Parmi, la nouvelle génération de chaâbistes, Nassima, installée en France depuis 1994, porte aussi dans son chant une pointe de saudade quand elle interprète Megouani sahrane (je reste éveillé) et Rah el ghali (ma chère est partie) du fameux poète et compositeur Mahboub Bati (1919-2002). La voix mezzo-soprano vigoureuse de Nassima la fait comparaître irrésistiblement aux cantatrices du fado, alors que la sonorité, l’histoire du chaâbi se rapprochent davantage du rebétiko grec. Mais ça, c’est une autre histoire.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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les instruments du chaâbi: Mandole, Banjo,Violon (alto), Qanoun (cithare), F'hel ( flûte), Derbouka, Tar (tambourin).

Le chaâbi est né dans les années 1920 mais à l'époque on l'appelait Medh. En 1946, El Boudali Safir, le directeur littéraire et artistique de Radio Algérie pour les émissions en langues arabe et kabyle, a donné au Medh le nom de " populaire "(en français) mais ce n'est qu'après l'indépendance de l'Algérie et lors du premier colloque national sur la musique algérienne qui s'est tenu en 1964 à Alger qu'il a pris la dénomination officielle et définitive de chaâbi et ce, dans toutes les langues