La Sulâmiyya - Chants soufis de Tunis (1999)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/09-12/sulamiyya_front.jpg Chants soufis de Tunis par La Sulâmiyya 794881472321

Entre recueillement et extase, ce chœur puissant de Tunis interprète des cantiques soufis empruntés à l’ensemble des ordres tunisiens avec un embrasement contenu.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Chants soufis de Tunis

Date de parution: 
1999
Réf
types de supports: 
Digipack
794881472321
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La confrérie Sulâmiyya incarne le soufisme confrérique, communautaire, telle qu’il a resurgi de l’obédience Qâdiriyya arusiyya à Zliten (Lybie) à la fin du XVIIe siècle. Depuis 1958, sa chorale de Tunis interprète en public les odes pieuses propres à son ordre mais aussi d’autres traditions confrériques tunisiennes telles les tayyibiya, qâdiriyya ou ‘issâwiyya (aïsssawa). Galvanisés par un unisson fusionnel, les mounshids, hymnodes, s’abîment en un chant viril gracieux, manifestation théophanique de la générosité divine, sur fond de bendirs, târ et nagharât.

Les chœurs saisissants d’Al-‘Ada immergent l’auditeur au cœur d’un samaâ, écoute liturgique sous les voûtes d’une zawiya, sanctuaire soufi feutré. Les voix graves, savamment modulées, prennent des accents de chant grégorien. Eloge de la lenteur. Le quatrième intermède de cette Al-‘Ada éclate finalement en un exercice respiratoire de dhikr, invocation mystique. Plus loin, le chœur se divise en deux (Ana bwâya) : martelés par le train progressif des percussions, les refrains puis les invocations « Allah ! Allah ! » se répondent à contretemps, dans une exécution toujours retenue.

Ni éclat de voix, ni battement déplacé. Le souffle contrôlé ne cède jamais à la liesse. Le paysage musical varié des différents ordres concatène ici leurs odes (Qâdiriyya,Tayyibiyya), souvent par ordre croissant de mesure. L’accélération obtenue et ses transitions modales restituent à chaque recueil sa tension originelle.

Dans cette quête esthétique, les solistes sont tout à la virtuosité mélismatique, souvent en mètre libre. Les contrastes avec le chœur sont doublement saisissants, lorsque tous deux alternent sur la cantillation Tajwid ou sur le recueil Sulâmiyya des liturgies de l’ordre. Les voix de tête, chaudes, des solistes, Cheikh Abderrahmane Ben Mahmoud et Cheikh Abderazzâq Tounsi, évoquent tantôt une cantillation syrienne, tantôt la calligraphie vocale d’un malouf profane (Tajwid ). Entre soliste et chœur à nu, le motif inachevé du recueil Tayyibiyya ou la plainte de Lagmar wa ndjoum troubleront l’auditeur jusqu’au hal, la transe. Les vers de la Tayyibiyya s’ébrouent progressivement au son des hyperventilations étouffées « Hou ! Hou ! Hou ! ».

Les choristes ponctuent ce florilège par des exercices vocaux des ordres afro-maghrébins (‘Issâwiyya, Ana bwâya). Exercice contre nature : vont ils s’enflammer dans les saccades endiablées de leur transe ? Introduits par un chœur serein, les refrains s’accélèrent par paliers rapides. Mais une fois encore, l’embrasement rythmique, écourté, est contenu. Mêmes les « Bismillah » sont comptés, le temps d’une courte envolée maîtrisée. Tout simplement.

Par Pierre d’Hérouville | akhaba.com

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