La Lupe - Best Of (2006)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/09-12/salsalegende_lalupe_front.jpg Best Of par La Lupe 3760051131609

Une compilation de l’excentrique chanteuse cubaine à la mesure de sa vie, un maelström d’amours tourmentées ou tragiques, entre orchestrations décalées et style típico.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 9.9
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Best Of

label: 
Date de parution: 
2006
Réf
types de supports: 
Digipack
3760051131609
0

Née en 1939 à San Pedrito (Santiago de Cuba), la jeune Guadalupe Yolí arrive à La Havane en 1955. Se produisant dans des clubs nocturnes comme La Red, elle draine une foule d’intellectuels parmi lesquels on peut reconnaître Hemingway, Sartre ou de Beauvoir. Elle grave pour Discuba (RCA) l’album Con el diablo en el cuerpo (avec le diable au corps, déjà tout un programme !). Une étoile est-elle née ? Peut-être, mais les nuages s’accumulent.

Son mariage ne tient pas deux ans, entraînant dans l’abîme le groupe qu’elle avait formé avec son mari volage. Le nouveau gouvernement encourage les artistes qui chantent les louanges de la Révolution, ou simplement exaltent la joie de vivre. Les extravagances de la dame, qui arrache ses vêtements et balance ses chaussures au public, ses prestations qui frisent l’hystérie n’ont que faire dans la nouvelle Cuba, libre et insouciante.

L’exil lui tend les bras, et en 1962 Mongo Santamaría l’invite pour cinq titres finalement assez sages (Mongo Santamaría Introduces La Lupe, Riverside). Autre gros poisson de la musique afro-latine, Tito Puente commence à nager entre deux eaux. Avec le succès du rock'n'roll, les grandes machines bien huilées peinent à satisfaire les attentes d’un public de plus en plus friand de formats plus compacts. La Yiyiyi, comme on la surnomme, apportera un (gros) grain de folie et le duo connaîtra un succès considérable.

Le compositeur Tite Curet Alonso sera un peu plus tard son grand pourvoyeur de tubes, les plus emblématiques et les plus en phase avec sa personnalité agitée (La Gran tirana, Puro teatro…). La Lupe atteindra alors le sommet de sa carrière en 1975 en remplissant le Carnegie Hall.

Mais déjà le bel édifice commence à se lézarder. Ses excentricités amusent de moins en moins Tito Puente et surtout sa maison de disque (Tico, rachetée par Fania) qui lui préfère Celia Cruz comme diva attitrée de la Fania All Stars. La drogue, le mysticisme (ancienne adepte de la santería elle se jette corps et âme dans l’évangélisme) et jusqu’à l’incendie de son appartement entraînent irrésistiblement La Yiyiyi vers le fond.

Pour la beauté de l’histoire le réalisateur espagnol Pedro Almodóvar lui redonnera gloire (et argent ?) en utilisant ses chansons dans ses films (Femmes au bord de la crise de nerfs, notamment), quelques années avant qu’une crise cardiaque ne la terrasse en 1992.

Et l’œuvre de La Lupe dans tout ça ? Et bien, c’est exactement cela, un maelström d’amours contrariées, tourmentées ou tragiques. Des orchestrations un peu décalées (car la chanteuse évolue en marge du monde de la salsa) où cordes, hautbois et rythmiques hybrides théâtralisent encore plus ce champ de ruines. De fait elle accoutume de reprendre des thèmes de la variété internationale, anglo-saxonne ou française (Fever, Comme d’habitude/My Way).

Elle excelle aussi dans le style típico : les classiques Oriente de Cheo Marquetti (dont le nom disparaît des crédits) et Guantanamera de Joseíto Fernández (même traitement) tempérés par le rafraîchissant boléro de Pepe Delgado, Dueño de mi corazón. Dans tous ces titres la voix est bien posée, acidulée à souhait, parfois tendue mais jamais gritona (criarde).

Avouons-le, ses vinyles – souvent réduits à trente petites minutes – ne sont pas géniaux de la première à la dernière piste. Aussi cette compilation a-t-elle le mérite d’en faire ressortir la substantifique moelle.

Par Didier Ferrand | akhaba.com

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