La Banda Municipal de Santiago de Cuba - Fanfare cubaine volumes I et II (2012)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/07-13/bandamunicipalsantiago_fanfarecubainevolietii_front.jpg Fanfare cubaine volumes I et II par La Banda Municipal de Santiago de Cuba 602537045266

La fanfare de Santiago perpétue une délicieuse tradition née à la fin du XIXe siècle à Cuba, le danzón dont les préjugés sociaux et raciaux visaient la prohibition.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Fanfare cubaine volumes I et II

Date de parution: 
2012
Réf
types de supports: 
2xCD
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Le 1er janvier 1879, le cornettiste matancero Miguel Faílde créait le danzón. A peine trois ans plus tard, les fanfares l’avaient déjà adopté. Au siècle d’Internet cela peut paraître une éternité mais à l’époque, c’était tout simplement une sorte d’exploit. Il fallait en effet compter avec les préjugés sociaux et raciaux qui visaient à sa prohibition complète et en freinaient l’expansion. De plus, en l’absence de mass médias, les seuls vecteurs de la musique étaient les auditions directes et les partitions manuscrites ou imprimées.

Le format orchestral des bandas devait toutefois leur faciliter la tâche. Le nouveau style était né au sein des orchestres de danse de l’époque, les típicas ou formations à vent, dans lesquels dominaient les cuivres tels que cornet, trombone, ophicléide ou bombardon ainsi que les clarinettes. Restait à adapter la partie de violons du danzón à la sauce fanfare, puis à ajouter un zest de percussions et le tour était joué.

La Banda Municipal de Santiago, formée en 1898, perpétue donc cette tradition avec les deux grands classiques de Chepín, Bodas de oro et La Reina Isabel, et, beaucoup moins connu, El Machete de oro de P. Gómez. Un fait à signaler à l’heure où le répertoire danzonero se réduit le plus souvent à quelques pièces anthologiques offrant aux interprètes la sécurité du succès assuré et le confort de partitions assimilées de longue date.

Avec trois parties principales et quelques « ponts » le danzón s’avère être en outre un gros glouton en terme d’écriture musicale. Les auteurs se sont souvent sortis d’affaire en citant une œuvre du répertoire populaire (son) ou classique dans la partie de violons, comme c’est le cas avec la Serenata de Schubert.

Cependant, une large palette de genres musicaux cubains est utilisée, nous faisant voyager à travers le temps. Autre expression du XIXe siècle, la habanera est ici représentée par le thème emblématique de José White, La Bella Cubana (dont Compay Segundo avait fait son thème générique) et La Petite cantate de la chanteuse française Barbara. Autre clin d’œil à la chanson française, Les Passantes de Georges Brassens.

Criolla (forme de chanson inventée au début du XXe siècle), conga, son, pregón, bolero sont également au programme. Une version shake de Este camino largo, une célèbre chanson du commandant de la Révolution récemment décédé, Juan Almeida Bosque, vient même s’immiscer dans ce panorama très traditionnel. Les incontournables La Comparsa, Siboney, Chan chan, El Manisero, ¿Y tú qué has hecho?, Mambo n°5 sont également au rendez-vous aux côtés de thèmes moins courus, l’intérêt dans les deux cas résidant dans l’orchestration qui les métamorphose à nos oreilles plus habituées des formats soneros ou salseros.

Pour ceux qui eurent le privilège de prendre un apéro musical au son de ce gros animal au corps étonnamment souple et ondoyant, au discours parsemé de solos de trompette ou de clarinette, cette réédition, qui réunit les volumes I et II originaux, sera une manière de revivre ces moments précieux. Pour les autres il constituera une heureuse découverte.

Par Didier Ferrand | akhaba.com

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