L’Age d’or du taarab de Mombasa 1965-1975 (2005)

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Bercé par l’océan indien, ce taarab kenyan de Mombasa porte plus d’énergie que son cousin tanzanien de Zanzibar, plus connu, avec un groove sous influence Bollywood.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album
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L’Age d’or du taarab de Mombasa 1965-1975

Date de parution: 
2005
Réf
types de supports: 
CD
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Unguja, Mombasa, Malindi, Tanga, Moroni, Mutsamudu… le chapelet des ports swahilis sonne comme un couplet de taarab désuet, le mot signifiant en arabe émoi, extase. De nos jours, cette musique orientale en swahili compte autant de variantes que de médinas anciennes dans l’océan indien. Elle connut des brassages improbables : chansons hadhrami, sawt du Golfe, orchestres cairotes et films indiens. A Mombasa, seconde ville du Kenya, le tarabu, désignation locale du genre, a eu, lui aussi, sa période « arabe », dominée par le violon oriental et le oud (Zein Musical Party, Ahmad Bin Brek). Contrairement au taarab de Zanzibar (Tanzanie), celui de Mombasa privilégiait le quartet semi-professionnel à la polyphonie orchestrale du style dawr égyptien. Zein Labdin, parrain malicieux du tarabu, n’a jamais cessé de rejouer les sawt énergiques de sa jeunesse. Il imprime à chaque couplet généralement quatre phrases mélodiques sur des attaques de oud. Son jeu pétaradant est reconnaissable encore ici en duo avec une Zuhura Swaleh débutante. Mpeleke muhibu et Hasidi sont deux pépites de l’apogée de ce tarabu « arabe ».

Parmi d’autres artistes, le producteur a le bon goût ici de révéler brièvement trois talents méconnus : Matano Juma, Ahmad Bin Brek et Maulidi Juma. Depuis les années 1950, le son désormais nonchalant de Mombasa se forge plutôt d’anciennes musiques de films de Bollywood. A défaut de sitar ou de saranghi, le tabla, l’orgue, puis la cithare à touches tashkota débarquent au Kenya ! Les phrases plaintives du taarab, entrecoupées de soupirs, s’épanchent sur ces sonorités exotiques et nouvelles. Elles deviennent ainsi plus expressives et leurs interprètes plus lascifs. A bien les écouter, les sanglots vigoureux de Zuhura Swaleh, sur Mpenzi azizi, par exemple, vampent fugacement les vocalises de Lata Mangeshkar. Zuhura porte avec une émotion particulière l’invective sentimentale en vers courts, caractéristiques du taarab.

Sur fond d’orgues minimalistes, les mélodies superbes du crooner singulier Matano Juma (Dada), mais aussi sa voix habitée, le préservent de la torpeur de certains de ses pairs. A l’instar de la compilation Songs the Swahili Sing (1994), les LPs Mzuri, habilement produits à l’époque, ont été rafraichis ici avec brio. Le mixage épuré a rendu intemporels ces matériaux introuvables, non sans une certaine magie. Basses hypnotiques, flonflons langoureux, orgues groovy, cavalcades de maracas : la présence des instruments et des voix éludent jusqu’à la désuétude du genre. Cette compilation fait passer au voyageur dépaysé une sieste au son des radios de la médina, dans la torpeur d’un après-midi écrasé de soleil.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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