Kíla & Oki - Kíla & Oki (2006)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/12-11/kilaoki_front.jpg Kíla & Oki par Kíla & Oki 5391502370216

Cette fois, le groupe irlandais rencontre un musicien du Japon, issu d’une minorité longtemps opprimée culturellement, pour des compositions diablement apaisantes.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12.5
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Kíla & Oki

label: 
Date de parution: 
2006
Réf
types de supports: 
CD
5391502370216
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Cette fois, le groupe irlandais des trois frères Ó Snodaigh change de décor et d'ambiance, le temps d'un projet commun avec... un musicien de l'île d'Hokkaido nommé Oki, issu du peuple aïnou, assurément la première ethnie à s’installer sur l’archipel japonais. Pendant des siècles, les Aïnous ont subi la politique d'assimilation culturelle des Japonais, et ce n'est qu'en 1997 qu'ils ont acquis légalement le droit de promouvoir leur différence et leur culture. Oki en a ainsi ressuscité un instrument qui avait quasiment disparu, le tonkori, sorte de cithare à cinq cordes.

Pour cet album, Oki a ainsi ramené quelques-unes de ses compositions, dont plusieurs ont déjà été enregistrées sur son premier disque. D'entrée de jeu, la chanson Topattumi, consacrée aux esprits aïnous, impose un rythme languide évoquant les musiques des îles du Pacifique. Une tonalité contemplative qui va dominer tout au long du disque, avec ce mélange d'amertume, de sérénité et de douce chaleur qui émanent du chant d'Oki et de ses arabesques vertigineuses au tonkori. Plus loin, Kai Kai As To et Ororo Raha (une berceuse) prolongent ce feeling éminemment lénifiant qui renvoient les échos d'une culture ancestrale meurtrie mais pas haineuse.

Devant ces climats extrême-orientaux feutrés, les membres de Kíla ont mis un frein à leurs penchants orgiaques, cultivant une approche tout en nuances, comme ils savent le faire sur certaines ballades et autres laments. Leurs dulcimer, whistle, fiddle, banjo, harpe, bodhrán, guitares basse, lap-steel ou électrique, marimba, shakers et autres timbres luxuriants étoffent juste ce qu'il faut les compositions d'Oki, avec cependant une parcimonie et un art consommé du minimalisme qui contraste avec l'exubérance et la densité des arrangements auxquels ils nous ont habitués. Sur Ní Liom Féin, Oki et Ronan Ó Snodaigh mêlent leurs timbres vocaux et leur langues, aïnou et gaélique irlandais, tandis que l'anglais et l'aïnou se croisent sur Last Mile Home, une lamentation bluesy, éthylique, presque jubilatoire. Et il n'y a guère qu'avec hAon Dó que Kíla se remet à appuyer un peu plus sur le champignon, histoire de dire...

Par Stéphane Fougère | Ethnotempos mars 2006

Kíla et Oki dans l'ile d'Hokkaidō

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