Khaled Aljaramani - Athar (2013)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/10-13/khaledaljaramani_athar_front.jpg Athar par Khaled Aljaramani 3149028014327

Le nouvel album introspectif du oudiste syrien Khaled Aljaramani prolonge l’expérimentation instrumentale ténébreuse du duo Interzone avec Serge Teyssot-Gay.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Athar

Date de parution: 
2013
Réf
types de supports: 
Digipack
3149028014327
0

Trio Chemirani, Mohammad Rahim Khushnawaz, Madjid Khaladj, Aziz Herawi... A l’instar d’un chapelet d’instrumentistes en exil, le oudiste aleppin Khaled Aljaramani est parfois amalgamé à une mouvance musicale éclectique, à la fois déracinée et sans frontières. C’est effectivement l’aventure en duo Interzone avec Serge Teyssot-Gay qui l’avait attiré sur scène hors de Syrie en 2005.

Entre murs de guitares électriques et son rond du luth, cette formule bicéphale hors normes invente, depuis, un langage musical d'ambiances troubles, jusqu'à la maturité de l'album 3ème jour, sorti en début d’année 2013. L'épisode Athar poursuit ici le dialogue en solo, à la faveur d'une éclipse momentanée d'Interzone et du quartet Exile.

Loin des riffs tourmentés de Teyssot-Gay, le jeu épuré de Khaled Aljaramani assume sa nature méditative. Avant tout, parce qu’on arrive enfin à l’entendre. Côté luth, c’est pourtant le même langage, mais sans les fioritures et les effets sonores d’Interzone. La même satisfaction de laisser sonner les notes de phrases sobres avec, cette fois-ci, le silence pour seule réponse. L'inspiration bat au rythme lent des expirations régulières du oud.

N’en déplaise à ses pairs palestiniens ou irakiens, la lenteur ne le contraint donc jamais à être prévisible. Parce que ses compositions visent d’abord au cœur, moins par le romantisme ou les effets que par les impressions. Sur Nawa, la nostalgie. Plus loin (Dhilal, Khayl wa Khayal), un bien-être palpable, alors que le thème déconstruit s'abime en un fredonnement vibrant, à la façon des improvisations du tariste mystique Mohammad Reza Lotfi.

Avec la légèreté d'une humeur, les thèmes métrés expressifs de Luqya ou d'Athar et les climats planants, alternent en suites parfois complexes. Khayl wa Khayal est une fresque épique, probablement le récit d’un rêve.

Déjà vu ? Peut-être vaguement chez les maîtres Muhammad Qadri Dalal et Hussein El Masry. Inspiration libre ? Là où le tunisien Dhafer Youssef s’est déjà affranchi du taqsim arabe, Aljaramani est encore rattrapé par endroits par son bagage classique (Taqasim Rast). Son désir d’impromptu déborde alors par touches les motifs traditionnels, comme sur Sama'i Bayat.

La simplicité apparente de l’orchestration instrumentale peut dissimuler un véritable univers intérieur. Avec cet album, l’IMA s’attèle à un projet introspectif moderne, d’une inspiration inédite depuis Entre Nil et Gange. La beauté de ce langage abstrait a quelque chose à voir avec la Vérité. « Il y eut un soir, il y eut un matin, ce fut le quatrième jour ».

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

Albums proches
Recommandé si vous aimez
extract1: 
Mots Cles
Instruments: 
Région: 
Thème: 
Partager | translate
commentaires