Kayhan Kalhor et Madjid Khaladj - Voices of the Shades (2011)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/03-12/khaladj_kalhor_voicesshades_front.jpg Voices of the Shades par Kayhan Kalhor et Madjid Khaladj 8845029244118

Quatre cordes, une peau, deux paires de cymbalettes suffisent au duo iranien pour emmener l’auditeur au-delà du ciel et de lui-même en sept improvisations ensorcelantes.

"Médias > Musique"
EUR 13.5
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Voices of the Shades

Date de parution: 
2011
Réf
types de supports: 
CD
8845029244118
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Quatre cordes, une peau et sept morceaux suffisent à ces deux maîtres iraniens pour emmener ici l’auditeur au-delà du ciel et de lui-même. Kalhor, né en 1963 et résident aux Etats-Unis, et Khaladj, en 1962 et installé à Paris, ont joué pour la première fois ensemble en 2008 en Suisse ; hélas un trop court concert, presque frustrant pour leurs admirateurs. Mais, cette fois en mai 2010 à Amsterdam, le duo a étalé une connivence rare, une symbiose captivante, en trois quarts d'heure. L’enregistrement de cette leçon garde le meilleur à la fin de l’album, Saamaan-e saayah’haa (voix des ombres, soit voices of the shades). Plus de six minutes de méditation, de transe, d‘élévation de plaines berceuses vers des pics vertigineux où le kamanché de Kayhan se surpasse alors que les cymbalettes zang-e saringoshti de Madjid virevoltent autour de ses variations de rythmes renversantes telles des abeilles enivrées de leur propre miel. Cela semble du délire, mais, c’est du mysticisme ; la même fièvre probablement.

Pourtant, l’album commence par un Nokteh’haa (points de repos) contemplatif, une improvisation presque douloureuse de kamanché quand Kalhor passe dans un même élan du grêle au grave, des notes inspirées des gusheh, ces figures mélodiques contenues dans les dastgah, qui constituent le radif, le mode musical savant persan, syncrétisme multimillénaire au carrefour du subcontinent indien et de l’Orient méditerranéen. Quand Kayhan peint avec ses fils soyeux des ornementations pastel, parfois vives, Madjid, lui fait pleuvoir une pluie fine sur la peau de son tombak, des crépitements réconfortants comme les craquements du feu dans l’âtre, à l’exemple de Hamraahaan (premiers regards). Parfois le chorus entre les deux instrumentistes est un véritable jeu où chacun donne un thème, une question à laquelle l’autre répond immanquablement, une série d’acrobaties jusqu’à la communion finale, l’apothéose entre le tombak et le kamanché atteinte magistralement dans les dix minutes ensorcelantes de Paaybani-e oryaan, soit la dévotion de l’honorable, dans ce plus long morceau du disque. En fait un album qui honore son public, ses invités, en leur faisant partager sa volupté secrète.

Par David Marif | akhaba.com

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