Karantamba - Ndigal (2012)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/03-12/front.jpg Ndigal par Karantamba 5213000760002

Enregistrée en 1984 au Sénégal, cette musique hallucinante, psychédélique, est une composition de mbalax hypnotique et exaltant, mené par une guitare et un sabar percutants.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 15
Type de produit: 
Album

Ndigal

label: 
Date de parution: 
2012
Réf
types de supports: 
CD
5213000760002
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Cela a été enregistré exactement le 16 août 1984 au Sangomar Club de Thiès, soixante-dix bornes à l’est de Dakar, par un groupe hallucinant, psychédélique. Mené par le Gambien Bai Janha, le combo sénégalais, une douzaine d’actifs, joue un mbalax hypnotique et exaltant à la fois. Il suffit d’écouter Dimba Nyima, un morceau déroutant, une guitare habitée et un sabar à la frappe percutante, alors que le chant rouillé du leader fuse telle une psalmodie échappée d’une école coranique. Il y a ici quelque chose de mystique qui imprègne la plupart de cette dizaine de chansons aux rythmes déliés, parfois tranchants, à l’exemple de Na Dinding Fatty, plus de neuf minutes où Bai Janha semble pleurer on ne sait quel drame alors que les mesures étranges, presque ingénues, d’une trompette insistent jusqu’à faire tourner la tête !

La carrière entamée dans les années 1960 en Gambie, l’ex-colonie anglaise enclavée dans le Sénégal francophone, Bai est certainement le puissant pionnier de la scène moderne gambienne, fondateur de divers groupes rénovateurs comme Guelewar. Davantage rock et rhythm’n’blues, imaginatif, il a créé Karantamba, véritable école pour de jeunes musiciens qui l’entourent pour des compositions nourries de traditions sénégambiennes elles-mêmes pétries de cadences d’outre-Atlantique comme le succès Samai Yai, nerveux et urgent, repris de l’époque des tubes de Guelewar avec guitare folle, conga démente. Un mbalax vertigineux qui introduit ici les autres chansons, des transes épileptiques de ce groupe séduit par l’orgue électrique que manie aussi le maître Bai surnommé les « doigts de sucre » et qui a joué, entre-autres, aux côtés du mythique Bembeya Jazz de Guinée Conakry, du ténor malien Salif Keita, héros de la musique mandingue.

Il écrit Ndigal, plus de huit minutes de picking de guitare acéré, de percussions ébouriffantes, de voix lancinantes, tout comme Goré nga, un morceau où l’on entend la forte influence de Santana en version mandingue alors que les percussions jouent un patrimoine aux allures chamanique, quand Titi aux accents anglophones est un mélange de mbalax et de rhythm’n’blues détonants. Le livret du disque est illustré de photos délicieusement vintage. A voir et à écouter, bien sûr.

Par Hadi Omar | akhaba.com

Vinyl : 2LP Gatefold, Réf 5213000760019

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