Kanyok and Luba - Southern Belgian Congo 1952 & 1957 (1998)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/01-12/kanyokluba_front.jpg Kanyok and Luba - Southern Belgian Congo 1952 & 1957 par 9789077068090

Années 1950, le collecteur Hugh Tracey part aux sources de la musique congolaise entre rupture et continuité, un panorama réjouissant des rythmes du Katanga.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 13.5
Type de produit: 
Album

Kanyok and Luba - Southern Belgian Congo 1952 & 1957

label: 
Date de parution: 
1998
Réf
types de supports: 
CD
9789077068090
0

Le grand ethnomusicologue britannique Hugh Tracey (1903-1977) part à la rencontre des peuples Kanyok et Luba, dans le sud de l'actuelle République Démocratique du Congo. Nous sommes dans les années 1950 et la guitare fait son entrée, remplaçant parfois le likembe (piano à pouces). Mais adopter un instrument occidental, ce n'est pas nécessairement adopter la musique qui va avec. Ainsi, les musiciens des mines de cuivre de la région de Katanga ont développé leur propre technique de la guitare pour jouer « à la manière » du likembe. Une écoute successive de Mal' yoo-yooy (guitare) et de Wa lwend chombel (likembe) donne un parfait aperçu du résultat. Le morceau Mal' yoo-yooy est également très révélateur d'une idée développée par Levi-Strauss : « L'humanité cesse aux frontières de la tribu »... Voici les paroles de ce chant satirique que les Kanyok adressent à leurs voisins Luba : « C'est une ethnie primitive qui mange des crapauds » !

Autre grande surprise du disque : les pistes 1 et 6. On entend souvent dire qu'en Afrique les tambours servent à communiquer. Mais une fois qu'on a dit ça, on est bien avancés ! Cet album lève une part du mystère en proposant une expérience très rare : l'alternance du message joué sur le tambour à fente et du message parlé. Et l'on s'aperçoit que la chose relève d'un incroyable pragmatisme, à cent lieux de toute espèce de magie fantasmée... Il s'agit de reproduire à l'aide de l'instrument la « mélodie » de la phrase parlée. Car le principe de ces langues à tons, c'est qu'une syllabe n'a pas le même sens selon la hauteur sonore à laquelle elle est prononcée.

L'amateur appréciera également les batteries de tambours ditumba. L'un de ces tambours en gobelet est muni d'un mirliton placé sur un trou percé de côté et qui provoque un grésillement tout à fait original. Des groupes de chanteuses Luba produisent également un jeu de timbres très intéressant en faisant vibrer leurs lèvres sur l'embouchure d'une calebasse, pour en obtenir différentes notes fondamentales et leurs multiples harmoniques. Un peu ce que font les Américains avec leurs pots à lait en terre cuite. Duos de balafons mabimba et de flûtes de pan mishiba mènent également plusieurs des airs de danse reproduits ici. C'est finalement tout un panorama de la musique traditionnelle du Katanga que l'on découvre avec grand plaisir, entre rupture et continuité.

Par Mathieu Rosati | akhaba.com

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