Jerry González and The Fort Apache Band - Obatalá (1989)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/03-12/jerrygonzalez_obatala_front.jpg Obatalá par Jerry González and The Fort Apache Band 063757509523

Entouré de fines gâchettes, le maître frappeur et souffleur du barrio new-yorkais mène ici un concert manifeste du jazz afro-cubain habité par la transe santería.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12.5
Type de produit: 
Album

Obatalá

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Date de parution: 
1989
Réf
types de supports: 
CD
063757509523
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Obatalá, c’est en quelque sorte l’être suprême, celui par qui tout a commencé. C’est aussi le thème le plus roots de ce live : un beau chant liturgique afro-cubain (lucumí/yoruba, pour être précis) accompagné ici par un jeu de chequerés ou güiros (calebasses entourées d’un filet enfilant des perles). Adepte de la santería, Milton Cardona assume cette fonction de sa belle voix chaude et profonde, empreinte de dévotion. Mais, Jerry González, enfant du Bronx (surnommé Fort Apache à New York), ne se déplace pas ici à un festival de jazz à Zurich pour reproduire une fête de santo. La basse de son frangin Andy est l’élément exogène qui nous rappelle que nous sommes bien dans une autre tradition, consciemment inventée celle-là, le jazz afro-cubain.

Le répertoire ne laisse guère de place au doute, avec une prédilection pour le Miles Davis de la grande époque et Thelonious Monk. Le premier titre, Eighty-one, régulièrement secoué des soubresauts des percussions afro-cubaines, nous apparaît comme la pièce la plus spectaculaire. Le second inspire à González l’une de ses adaptations les plus audacieuses. L’idée de greffer Evidence sur le tumbao de la descarga Gandinga, Mondongo y Sandunga du pianiste cubain Frank Emilio avait germé dès 1979 pour l’opera prima de notre percussionniste-trompettiste (Ya yo me curé, American Clavé). Quant à Jackie-ing, il conclut l’album de belle manière.

Pour sa dernière sortie avant de passer à un format plus économique, le Fort Apache Band représentait alors une force respectable, tant sur le plan numérique qu’au niveau qualitatif. Deux jazzmen peu habitués des scènes latines en étaient les fers de lance : le pianiste Larry Willis (Jackie McLean) et le saxophoniste John Stubblefield (Kenny Barron, McCoy Tyner, Miles Davis…). Du côté latin, on a du beau monde également tel Andy González au curriculum alignant déjà des centaines d’enregistrements et qui troque ici sa fameuse contrebasse « made in Czechoslovakia in 1890 » pour une baby bass, instrument très prisé dans les milieux salseros. Papo Vázquez (trombone) était lui sur la pente ascendante, à l’aube de sa propre carrière solo.

Il faut relever aussi la présence du regretté Edgardo Miranda (frère du chanteur Ismael) à la guitare et au cuatro (guitare portoricaine), l’un des musiciens les plus originaux, mais, hélas, trop discret, de la scène latine new-yorkaise. La section percussive aligne de sérieux clients : Cardona, Flaco Hernández, Steve Berrios, Nicky Marrero et le leader, lui-même excellent conguero dont on appréciera les solos entre deux exercices de trompette bouchée. Obatalá constitue un pont entre ses débuts (avec Nefertiti, qui ouvre la session, ou Evidence) et l’avenir proche (Jackie-ing qui allait paraître sur son chef d’œuvre, Rumba para Monk, enregistré un mois plus tôt). Un album charnière dans la carrière de ce musicien hors normes.

Par Didier Ferrand | akhaba.com

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