Ivory Coast Soul (2010)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/05-12/ivorycoastsoul_front.jpg Ivory Coast Soul par 3760179350708

Le DJ Djamel Hammadi, dit Afrobrazilero, a exhumé de l’âge d’or de la musique ivoirienne ces treize pépites entêtantes, souvent psychédéliques, mais toutes incroyables.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Ivory Coast Soul

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Date de parution: 
2010
Réf
types de supports: 
Digipack
3760179350708
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Pendant trente ans (1960-1990), la Côte d’Ivoire a été le pays le plus riche (cacao) d’Afrique de l’Ouest et sa capitale économique, la plus moderne et équipée de la région. Tous les artistes, Maliens, Guinéens, Burkinabés, Nigériens, Sénégalais, Gambiens, Tchadiens, Togolais, Béninois, Ghanéens, qui le pouvaient, allaient à Abidjan, La Mecque alors des musiciens urbains ouest-africains attirés par l’intensité de sa vie nocturne, les soirées plus rémunératrices de ses maquis (restos) et clubs de nuit, l’équipement avancé de ses studios d’enregistrement et la qualité de leurs requins si recherchés par les vedettes de la région. Abidjan constitue donc le passage obligé pour les chanteurs et joueurs modernes ivoiriens de l’époque, notamment les années 1970-1980.

De cet âge d’or de la musique moderne locale, le DJ parisien et collectionneur têtu Djamel Hammadi, dit Afrobrazilero, a exhumé au bout de trois ans d’acharnement et de mésaventures ces treize pépites nettoyées et entêtantes, souvent psychédéliques, mais toutes incroyables, à l’exemple du fameux Yatchiminou, morceau distordu, renversant du guitariste extravagant Jimmy Hyacinthe. Avant de rejoindre dans l’autre monde son idole Jimi Hendrix, le mythique Hyacinthe improvise ici un  méli-mélo de soul, funk, disco, goly, ce folk du nord ivoirien métamorphosé en ces sept minutes hallucinantes, entre guitare et basse électriques, batterie, sax, trompette, orgue aliéné.

Avec pratiquement les mêmes outils, le regretté Pierre Antoine, autre légende de la scène pop ivoirienne, lui, se rapproche de Fela Anikulapo Kuti avec son Kalabuley Women, un afrobeat ensorcelant. Autre admirateur du Black President nigérian et aussi figure légendaire du « bruit » urbain ivoirien, le Bété Ernesto Djedje, disparu en 1983, a été tout simplement déclaré le roi du ziglibithy. Le chanteur qui a transmué quelques traditions de l’Ouest de son pays et brisé l’harmonie occidentale pour inventer ce funk majeur de Côte d’Ivoire : zigli, danse, et bithy, chanson douce, rassemblées dans Zadie Bobo, une transe irrésistible.

N’Guessan Santa, lui, s’inspire de Carlos Santana (d’où le pseudo Santa) et chante ici en baoulé Many Nia, une musique qui vire parfois en vrille rhythm’n’blues entre notes cristallines de synthé et riffs de basse grasse, alors qu’il s’agit d’un disco déroutant, incantatoire. Le célèbre batteur Ali Ibrahim doit être bien accueilli là-haut par Allah, pour son invention de la soul soufie. Son La Illaha illa Allahou (il n’y a de dieu que Dieu) mêle une section de cuivres tranchants, un synthé planant et sa psalmodie pop relayée par une fine chorale féminine, un gospel islamique étonnant et euphorique.

Par Hadi Omar | akhaba.com

Vinyl : 2LP Gatefold, Réf 3760179350609

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