Imane Homsy - Seigneur Kanoun (2008)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/03-14/imanehomsy_seigneurkanoun_front.jpg Seigneur Kanoun par Imane Homsy 794881890521

Virtuose éclectique, la libanaise Imane Homsy s’était investie d’une mission d’ambassadrice du cithare qanun. Une quête musicale sage, à la confluence du taqsim, des danses balkaniques et de la musique de chambre.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Seigneur Kanoun

Date de parution: 
2008
Réf
types de supports: 
Digipack
794881890521
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« Mon message, c'est le kanoun lui même (...) Je veux que le plus grand public puisse en apprécier le charme et la profondeur d'expression. » Ce disque est l’héritage de la cithariste libanaise Imane Homsy, disparue hélas trop tôt. Formée à l'école arabe classique par le maître Muhammad Al-Sabsabir, la jeune prodige s'était vouée corps et âme au grand cithare qanun, avec un classicisme appuyé, indifféremment oriental ou occidental.

Son premier terrain de jeu fut, logiquement, le quartet oriental takht. Là avait débuté l’osmose passionnée avec son instrument. Dépoussiérant les archétypes, tant techniques que stylistiques, du seul takht, ses taqsims réarrangés transpirent la transgression sage, lorsque le qanun imite le leyl vocal sur un discret bourdon de violons en sourdine (Taqâssîm Nahawand), ou encore dans l'alternance virtuose des formes du Samâ'î Suzdâl. Dans cette esprit, la cithariste privilégiera aux exploits solitaires des collaborations, même ponctuelles, avec les ensembles Constantinople ou En Chordais.

Imane aimait à préciser que c’est la transposition des pianistes classiques Schumann et Czerny qui l’a menée, par une sorte d’évidence technique, au delà du jeu pincé moyen-oriental à deux doigts (Taqâssîm Rast, Taqâssîm Nahawand). En résulta une ondulation inouïe à dix doigts, aussi propre au concerto mélodique qu'au takht d'antan. En un mot : un visa pour sa libération artistique.

Avec cette technique, la libanaise amenait le qanun aux frontières du cithare au sens large ; les cymbalums martelés offrent par exemple une belle palette d'effets, que ce « jeu à dix doigts » rejoint presque. Par endroits, les trémolos prolongés trompent nos sens en déjà-vu de mandolines napolitaines (Sara, Yâ Layla) ou de psaltérions slaves. Echo confondant par instant de virtuoses oubliés... Toni Iordache et Anton Karas en tête. L'apport rythmé des danses populaires grecques (Serviko) ou bulgares (Cycle de danses), est ici explicitement assumé.

Combien de virtuoses ont préféré l’éclectisme à la postérité ? Souvent pour le pire, « … et pour le pire » uniquement. Le foisonnement d’Imane prospère en une musique de chambre à l’occidentale, harmonieuse. La jeune enthousiaste savait y puiser arrangements de cordes et vocalises dociles avec mesure (Yâ Layla, Cycle de danses). Le son doux du violoncelle relève notamment la berceuse Sara en un joyau de candeur. A ce jeu, le qanun se fait presque piano. Entre maman et papa doit autant sa « modernité » à son thème qu'à la juxtaposition inédite du derbouka.

Pour faire court, l’instrumentaliste se déjouait de toute démonstrativité, en se diluant toute entière dans ce quartet à contre-pieds.  Elle laisse, selon l’expression persane consacrée,  « sa place (…) vide ». Souhaitons que, de là où elle est, Imane transfigure à présent d’autres Modes, en route vers toujours plus de liberté.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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