Hot in Dar - Le son de la Tanzanie 1978-1983 (2009)

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Les années 1970-1980 ont vécu une irruption de tubes tanzaniens sous influence de la rumba et du soukouss congolais pour embraser les clubs de Dar es Salam.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Hot in Dar - Le son de la Tanzanie 1978-1983

Date de parution: 
2009
Réf
types de supports: 
CD
3341348601847
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De Moroni à Mombasa, les labiales roulées du swahili enchantent indifféremment rumba, romances, taarab et zouk avec la même émotion classieuse. Le label Buda Musique retrace ici par décades les genres des clubs urbains au Tanganyika, des styles regroupés sous la formule muziki wa dansi. Après la rumba cubaine, dite jazz, des années 1960, l’orchestration congolaise déferle alors sur les nuits de Dar es Salam. A la fin de la décennie 1970, quelques ensembles concentrent ce que la capitale tanzanienne compte à l’époque de cuivres épuisés, de voix de tête, et de clones de la guitare zaïroise. Super-groupe pléthorique, le Dar International Orchestre est partiellement cannibalisé par son avatar, le Mlimani Park Orchestra qui lui dispute chaque soir la scène des clubs.

A l’instar du benga kenyan ou du kalindula, la rumba de Dar concasse sans efforts les rythmes locaux sikinde (de l’ethnie Zaramo) et bomboka (des Kingoma). Musicalement, les orchestres de Dar sont aussi au fait des derniers perfectionnements de Kinshasa : hululements, réverbération, cataractes de guitares. Tous électrisent leur prose accrocheuse sur des gimmicks de soukouss. Les couplets jubilatoires de rumba roucoulent alors de bien-être et de plénitude communicative (Rufani ya kifo de Dar International Orchestre). Reliquats de la période cubaine, les cuivres oscillent à présent entre mariachis cubains (Baba anna de Dar International) et soul (Taxi Driver du Mlimani Park). Par instant, l’auditeur perd ses repères dans cette accumulation d’emprunts, arpèges polynésiens, refrains langoureux chœurs sirupeux, qui échauffent la foule compacte des couples dansants à l’exemple des trois morceaux du Mlimani Park, Kasim amefilisika, Talaka ya hasira, Nawashukuru wazazi wangu.

A chaque chanson, la rupture rythmique chemko des trois guitares dynamite ces douceurs (Visa vimenichosha de Mlimani) par son impromptu, tout en décibels. Une formule percutante déjà éprouvée par le seben zaïrois. Ici, la surenchère rythmique et mélodique galvanise la sensation de félicité. « Les morceaux devenaient plus longs cependant que le chemko (…) arrivait à ébullition. Vers minuit, l’orchestre swinguait à mort, jouant de plus en plus vite, et donnant son maximum pendant trois bonnes heures au plus », se souvient Werner Graebner, le curateur chevronné de la collection Zanzibara. Cette compilation rafraîchit des sessions studio superbes. Graebner leur restaure un même éclat remarquable. L’originalité de la rumba à Dar réside dans l’aboutissement de la formule, sa maîtrise. En un mot : sa réussite esthétique.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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