Hossein Omoumi, Kiya Tabassian, Ziya Tabassian - Collection grands compositeurs méditerranéens - Abolhassan Sabâ (2006)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/01-14/abolhassansaba_front.jpg Collection grands compositeurs méditerranéens - Abolhassan Sabâ par Hossein Omoumi, Kiya Tabassian, Ziya Tabassian EC 1922

Un hommage vibrant d’Hossein Omoumi aux enregistrements anciens d’Abolhassan Sabâ. Et un clin d’œil régionaliste lorsqu’il reprend au ney ses compositions inspirées du folklore du Mazandaran.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 16
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Collection grands compositeurs méditerranéens - Abolhassan Sabâ

label: 
Date de parution: 
2006
Réf
types de supports: 
Digipack
EC 1922
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Jusqu'à leur récente réédition CD sur le label Mahoor à Téhéran, les 78 tours d'Abolhassan Sabâ (1902-1957) étaient le privilège des spotters des Puces de l'avenue Joumhouri. Aux mains d'Hossein Omoumi et de Kiya et Ziya Tabassian, un hommage transposant le violon du Maître à la flûte ney prenait alors tout son sens. Derrière le flûtiste, les deux frères s’offraient ici un aparté (ré)créatif en marge de leur sextet Constantinople, modeste clone irano-québécois de l'ensemble Hespèrion.

L'album s'arroge davantage l'esprit de Sabâ qu'un écheveau maladroit de reprises : intermèdes non métrés (Darâmad-e Dashti, Mokhâlef, Feyli) et Marches (Bahâr-mast, divers Zarbi) s'enchainent à la façon de sages études modales. Puissant, le jeu persan du ney est dental, une technique préférée de longue date à celle, quasi-traversière, des Turcs.

Le setâr, cher à Sabâ, se libère par rares épisodes (Kereshmeh and Mouyeh, Châhâr mezrâb-e Bayât-e tork). La voix d'Omoumi s'élance même sur de courts poèmes classiques, Masnavi-ye Segâh et Deylamân, respectivement de Rumi et de Saadi. Alors qu'attendre d'un tel hommage sur la scène sonnati, déjà encombrée ? Avant eux, Sadeghi, Payvar, ou bien Kassayi n'ont-ils pas déjà tout dit ?

Derrière un cliché jauni de la porte Bagh-e Melli, l'abondant livret historique par Sassan Sepanta éclaire Abolhassan Sabâ sous un nouveau jour. Si le chef d’orchestre fut un transmetteur prosélyte du radif, ses compositions sont significativement teintées du mélodisme du folklore pastoral de la Caspienne, qu'il avait étudié, du Talesh aux hautes vallées de Pol-e Sefid.

Entre les gusheh académiques, ses thèmes Zard-e malijeh et Gilaki empruntent aux airs du Gilan et du Mazandaran. Dans un ambitus inhabituel, nécessitant un orifice supplémentaire au ney d'Omoumi. Par un retour fortuit des choses, il hulule les thèmes enlevés avec les mêmes à-coups que la flûte traditionnelle lalevah. Même légèreté rugueuse, mêmes airs guillerets du folklore Katuli (Mazandaran). Abolhassan Khoshrow n’eût pas fait mieux. Musicalement, le Raghs-e chupi et le Darâmad-e Dashti résonnent plutôt, quant à eux, respectivement du fifre du genre Khayyami (Bushehr) et du genre régional Dashti Dashtestani (Fars, Kohkiluyeh et Buyer Ahmad).

Sous des accents régionalistes, l'hommage reconnecte les gusheh aux emprunts folkloriques, notamment tabari. Apports tardifs de Téhéran au radif, ces compositions d’Abolhassan Sabâ s'imposèrent comme des classiques et comme des gusheh, à leur tour. La nature de sa postérité se résume à ce consensus esthétique, indéniable.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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