Hasan Yarimdünia - Dardanelles, Turquie, Gelibolu (2006)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/11-11/dardanelles_turquie_gelibolu_front.jpg Dardanelles, Turquie, Gelibolu par Hasan Yarimdünia 3521383407080

Cet éminent maître de la clarinette tsigane de Turquie joue une musique inspirée des traditions roumaine, grecque, macédonienne et nourrie d'improvisations orientales.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Dardanelles, Turquie, Gelibolu

label: 
Date de parution: 
2006
Réf
types de supports: 
Digipack
3521383407080
0

Pour sa première production, le label breton Innacor s'est mis un point d'honneur à n'impliquer aucun musicien breton (si ce n'est à l'enregistrement et au mixage, assurés par Jacky Molard), ni même à faire entendre la moindre trace de musique bretonne ! Cap donc à l'Est de l'Europe, plus précisément à Gelibolu (anciennement Gallipoli), un petit port du détroit des Dardanelles, en Thrace, la partie européenne de la Turquie, à la croisée des cultures ottomane, slave et hellénique. C'est ici qu'est né Hasan Yarimdünia, éminent maître de la clarinette en Turquie, notamment du style tsigane appelé sulukule. Hasan est issu d'une famille de musiciens tsiganes de Macédoine et d’un père originaire de Salonique. Il joue une musique populaire rom (tsigane) inspirée des traditions roumaine, grecque, macédonienne et nourrie d'improvisations modales (les fameux taksimleri) à consonance orientale. Le nom Yarimdünia signifie du reste la moitié du monde, pas moins.

Hasan Yarimdünia était prédestiné à la clarinette avec un père clarinettiste, et un nom à l'état civil, Girnataci, qui signifie clarinettiste. La transmission est chose sacrée chez les Yarimdünia, aussi le fils de Hasan, Tamer, est-il lui aussi clarinettiste, ainsi que son petit-fils, Taner. Tous trois forment par ailleurs un remarquable trio de clarinettistes transgénérationnel très prisé à Gelibolu. C’est en revenant une seconde fois en 2004 au festival des Rencontres internationales de la clarinette populaire, à Glomel, en Bretagne, que Hasan y a rencontré le violoniste Jacky Molard, le chanteur Erik Marchand et le responsable d’Innacor, Bertrand Dupont, qui lui ont proposé d'enregistrer cet album. Hasan y joue avec sa nouvelle formation incluant son fils, Tamer Girnataci, au davul (grosse caisse), Bekir Toksöv au violon, Naci Kazar au oud, et Serkan Koçan à la derbouka. Le groupe impressionne, d'abord par sa virtuosité époustouflante, mais aussi et surtout pour son sens aiguisé des nuances et sa capacité à gérer tout en subtilité divers mouvements rythmiques et variations de puissance lors d'improvisations modales ouvrant sur des climats effervescents, lumineux ou plus contemplatifs. Son répertoire comprend des chansons d'amour et des danses, le plus souvent celles des côtes de la mer Egée (les zeybek), mais aussi des danses rom ou de la Mer Noire, interprétées sur des modes (makamlar) typiques de la musique turque, hicaz, usak, nihavend, rast et huzzam.

Dans la partie vidéo, la caméra de Sylvain Bouttet suit Hasan Yarimdünia chez lui, à Gelibolu, sur son « lieu de travail », c'est-à-dire les fêtes nationales, les banquets, où il est sollicité pour dispenser ses notes grisantes. On le voit également jouer en extérieur, sur la place du marché, tandis qu'en voix off il raconte son histoire... en quelques mots, car les sons et le décor disent le reste. Voici donc un album idéal pour s'initier aux musiques populaires traditionnelles de Turquie et goûter ainsi aux sentiments les plus intimes du peuple rom.

Par Stéphane Fougère | Ethnotempos avril 2006

Extrait du reportage réalisé par Sylvain Bouttet sur Hasan Yarimdünia

Albums proches
Recommandé si vous aimez
extract1: 
Mots Cles
Région: 
Thème: 
Partager | translate
commentaires