Hamid El Kasri et Karim Ziad - Yobadi (2010)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/05-11/yobadi_front.jpg Yobadi par Hamid El Kasri et Karim Ziad 794881980123

L’Algérien Ziad et le Marocain El Kasri réinventent leur passion commune gnawi avec des fusions musicales inédites, foisonnantes de jazz, rock, reggae, raï.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 15
Type de produit: 
Album

Yobadi

label: 
Date de parution: 
2010
Réf
types de supports: 
CD
794881980123
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Le batteur algérien Karim Ziad est programmateur du festival gnawa (ou gnaoua) et musiques du monde d’Essaouira et le champion marocain du guembri Hamid El Kasri son invité régulier. Les deux hommes, qui ont souvent joué ensemble, signent cette fois un album commun en 2010, une douzaine de titres dont les compositions dépassent le seul mysticisme négro-maghrébin pour inventer des fusions de styles plus ou moins inédites.

L’ouverture, Lailahailalah (mauvaise orthographe de l’incantation « La illaha illa Allah », il n’y a de dieu que Dieu), est un chant gnawi (gnawa au pluriel) porté puissamment par la voix de Hamid, qui se transforme vite en un reggae vif, incrusté d’envolées jazz rock. Karim a accompagné durant 150 concerts le fondateur du Weather Report, l’Autrichien new-yorkais Joe Zawinul (1932-2007).

Sur Yobadi, le titre éponyme du disque, la note bleue devient plus cool, vaguement californienne. Bien sûr, Hamid El Kasri re-interprète des cantilènes emblématiques du soufisme gnawi que Karim Ziad restitue dans de nouvelles écritures musicales parfois faites d’hommages à ce qui a fait son parcours artistique, notamment comme musicien de Cheb Mami. Sur Hajambirika, on retrouve le tempo typique d’une improvisation du début des années 1960 de la maman du raï Cheikha Rimitti (1923-2006), La Camel modernisée vingt ans plus tard par Khaled.

Le King du raï lance une mélopée profonde sur Banouar, suivi par la voix d’El Kasri et son guembri (appelé aussi hajouj), alors qu’un trombone (Daniel Zimmermann) donne à la chanson des rythmes oranais. Aïcha (rien à voir avec la chanson des Khaled-Goldman), évocation peut-être de la plus jeune épouse du Prophète ou Aïcha Kandicha, mythe de la mémoire populaire marocaine, est marquée par un rythme célèbre de la chanson oranaise, celui de Bakhta, un melhoun passionné du poète lyrique Cheikh Abdelkader El Khaldi (1896-1964), bien servi ici par la flûte de David Aubaile (claviers aussi) et le violon d’Amir Ali.

Dans Mouwal, en à peine deux minutes, El Kasri étale l’ampleur de son registre vocal exceptionnel d'où émergent des inflexions du chant d’un autre soufisme marocain, celui des Hamadcha (ou H’madacha). Il embraye ensuite sur Moulay Ahmed (« Il a pris mon esprit et s’en allé »), un chant de possession attendri par des sonorités de violon, cadencé par la guitare de Nguyen Lê. C’est alors un rythme gnawi complètement transfiguré enjolivé de touches arabo-andalouses, d’un swing lancinant, une petite transe dansante.

Un des meilleurs exemples du foisonnement rythmique, des clins d'œil musicaux d’un album où quelquefois la fusion s’arrête à des collages peu convaincants. Membre des fines gâchettes du Paris world music, Karim Ziad fait appel ici à plusieurs complices comme les saxophonistes Alain Debiosst (Sixun) et Vincent Mascart, le bassiste Michel Alibo, ou des invités exceptionnels tels les saxophonistes Julien Lourau (en sax solo sur Banouar ) et Jacques Schwarz-Bart (sur Khalimbara), Bozan Z (au piano de d’Aïcha).

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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