Graciana Silva - Moliendo café aux Portales (2004)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/04-11/graciana_moliendocafe_front.jpg Moliendo café aux Portales par Graciana Silva 794881751525

La Mexicaine rappelle avec sa voix rouillée et sa harpe grasse que la musique emblématique de Veracruz, le son jarocho, a aussi du sang africain dans ses rythmes.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 15
Type de produit: 
Album

Moliendo café aux Portales

label: 
Date de parution: 
2004
Réf
types de supports: 
CD
794881751525
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« Je joue avec mes gros doigts comme si j’étais un homme ». Ainsi parle Doña Graciana qui, chaque jour, embrasse sa harpe, son gagne-pain, qu’elle joue sur les scènes du monde ou sous les arcades des Portales, à Veracruz, « le » port du Mexique, celui par lequel ont débarqué les esclaves africains. Silva Graciana dite La Negra est leur descendante dans un pays où, si les origines amérindiennes sont bien défendues, les racines noires sont presque ignorées.

La Negra rappelle en ces dix-sept chansons publiées en 2004 que la musique emblématique de l’Etat de Veracruz, le son jarocho, a aussi du sang africain dans ses rythmes. Sa voix rouillée chronique le quotidien populaire où les choses du sexe, à l'exemple du morceau El Cascabel (la clochette, pour ne pas dire bite), sont chantées avec un art désopilant du double sens dans une culture née de la rencontre des Amérindiennes avec les Africains.

Les notes grasses de la harpe sont vite tranchées par les cordes aigrelettes de la jarana (Felipe Ochoa Reyes), fines comme des lames, bientôt suivies par les quatre cordes du requinto (Miguel Romero Uscanga). C’est l’essentiel, acoustique, sur lequel la Graciana chante vigoureusement ses histoires entre ciel et terre, La Morena (la femme a la peau brune), son allusion grivoise au métissage, El Torito jarocho (le taurillon jarocho).

Bien sûr, la culture jarocha est célébrée par les cadences de danse du zapateado pendant la fête du fandango, cette frappe furieuse des pieds qui transforme la tarima, l’estrade en bois portant les danseurs, telle une percussion africaine venue dans les cales des bateaux négriers alors que les appels et réponses entre Graciana et Felipe Ochoa perpétuent la decima, l’art de la joute européenne qui se pratiquait sur le pont des mêmes navires. Malgré quelques thèmes douloureux, Doña Graciana a le swing heureux.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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