Gnawa Home Songs (2006)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/05-11/gnawahomesongs_front.jpg Gnawa Home Songs par 794881838820

C’est un album exceptionnel qui donne libre cours au guembri et au chant de quelques-uns des meilleurs maîtres marocains du vaudou islamique nord-africain.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 15
Type de produit: 
Album

Gnawa Home Songs

label: 
Date de parution: 
2006
Réf
types de supports: 
CD
794881838820
0

C’est un album exceptionnel, différent des enregistrements habituels qui ont tenté de restituer la magie du rituel négro-maghrébin. Il rassemble quelques-uns des meilleurs maîtres marocains, débarrassés de certaines de leurs habitudes, dans l’intimité d’une maison de Tamesloht, sanctuaire soufi de la confrérie jazouliya et pèlerinage gnawi (ou gnaoui) près de Marrakech.

C’est aussi le dernier enregistrement d’Amida Boussou, maître de Casablanca, disparu en février 2007, peu après la sortie en 2006 de ce disque d’une douzaine de titres mixés par Loy Ehrlich, connaisseur des terres gnawa depuis le voyage initiatique de Jimi Hendrix à Essaouira, petit Lisbonne de l’Atlantique marocain, ancien marché aux esclaves, bien avant la visite de Jimmy Page ou Paul Simon.

Accompagné de son fils Hassan, Amida (ou plutôt H’mida ou Hamida) est, dans cette assemblée confraternelle, le seul vrai descendant de déportés noirs en terre arabo-berbère où ils inventèrent le vaudou musulman, un soufisme mêlé de leurs racines subsahariennes. Bien qu’il ne soit pas de descendance gnawi, le maâlem (maître) H’mida porte dans sa voix drue leur héritage.

L’intérêt de cette réunion réalisée par la journaliste productrice Emmanuelle Honorin, conseillée par le batteur algérien Karim Ziad, programmateur du festival gnawa d’Essaouira, c’est, une fois encore, la mise en retrait volontaire des castagnettes et des tambours, inévitables outils du genre qui font le gros groove du gnawi, à la limite de la caricature, dès qu’il s’agit de l’enregistrer.

Libre cours est laissé au guembri (ou hajouj), l’instrument le plus sacré du rituel, et au chant de se déployer pleinement. Alors là, derrière le rythme et le blues, on peut saisir les subtilités, la variété des cultures des compagnons de Boussou, tous sang-mêlé arabo-berbères. Abdelkébir Merchane de Marrakech, le guembri énergique, donne à son chant quelques inflexions aïssawa, de l’ordre soufi le plus répandu au Maghreb. Elève d'Amida Boussou, Abdelkébir Amlil de Rabat est la nouvelle sensation du guembri, en solo d’une force et une virtuosité jazz que ne renierait pas de sa tombe le contrebassiste Charles Mingus (1922-1979) ni l’as de la basse Jaco Pastorius.

Le plus nuancé des maâlems reste sans conteste Hamid El Kasri de Ksar-El-Kébir dont le noircissement des cordes, y compris vocales, s’imprègne de deux styles très blancs d’Afrique du Nord, la savante musique arabo-andalouse et le melhoun, la poésie lyrique des artisans de la médina. Ce n’est pas par hasard si El Kasri est « le » gnawi élu du roi, rattaché au Palais royal à Rabat.

L’intervention du vieux Zef Zaf de Tanger, plus disciple que maître, se résume à une facétie anecdotique avec son charab(i)ambara de bazar, enfin de souk. Mais ne boudons pas notre plaisir, puisqu’il s’agit ici d’une réunion conviviale où il suffit aussi d’une bouteille, une boîte d’allumettes, de paumes des mains pour communier dans une douce transe.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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