Giovanna Marini - Antologia (2009)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/08-12/giovannamarini_antologia_front.jpg Antologia par Giovanna Marini 3259130180244

Ces chants essentiellement de la décennie 1970, celle de la subversion, de l’utopie, restent les plus féconds de la papesse de la chanson néo-traditionnelle italienne.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 13
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Antologia

label: 
Date de parution: 
2009
Réf
types de supports: 
CD
3259130180244
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Pour ceux qui ont découvert la papesse de la chanson néo-traditionnelle et socio-politique italiennes durant les années 1980 à 2010, voici de quoi compléter agréablement leur appréciation de la diva de la contestation transalpine, universelle en fait. De 1’12 à 9’31, les vingt-et-un chants réunis ici courent essentiellement sur la décennie 1970, les années de la subversion, de l’utopie mondiale, certainement les plus fécondes pour Giovanna Marini, celles où elle constitue son fameux Quartetto Vocale avec Lucilla Galeazzi, Annalisa et Tata Di Nola, des timbres clairs, vaguement pleureurs, accompagné par la seule guitare de la meneuse du groupe.

De la chanson la plus courte (L’Uomo che di notte si è svegliato), une ballade déplorant la famine, à la plus longue (L’Utopia), une opérette glorifiant le pouvoir ouvrier, Giovanna, qui a étudié la musique classique dans sa Rome natale, revivifie la tradition orale, réhabilite les musiques régionales, prône la lutte sociale comme dans le galvanisant I Treni per Reggio Calabria relatant un mouvement mémorable de solidarité syndicale nationale pour soutenir en 1972 des métallurgistes en Calabre. Marini manifeste son indignation, touchante, vive, brève dans La Manifestazione in cui mori Zibecchi, le défilé antifasciste d’avril 1975 à Milan où un militant fut mortellement écrasé par une estafette des carabiniers.

Dans cette anthologie souvent jouée, outre la guitare, par des flûte traversière, violoncelle, contrebasse, clarinette, il est ainsi souvent question de résistance, de solidarité mais pas qu’italienne quand Giovanna chante l’émouvant Era domenica, des vers inédits inspirés du roman de Hemingway, Pour qui sonne le glas, à propos de la dernière offensive menée en juillet 1938 par les républicains lors de la guerre d’Espagne. Un chant qu’elle fait suivre par un lamento qui sert les cœurs, Muto carmé, déclamé a capella sur le ton des pleureuses traditionnelles pour rappeler la tragédie des charbonnages belges d’août 1956 où périrent 250 mineurs dont la moitié étaient des travailleurs italiens.

Parfois, la Marini évoque aussi le combat politique extrême, tel le texte Ulrike Meinhoff parlant de la figure féminine de la Fraction Armée Rouge, le fameux groupe terroriste allemand dit la bande à Baader. Giovanna allie aussi le dramatique et le pudique quand elle pleure dans Lamento per la morte di Pasolini, l’assassinat de son ami, le cinéaste iconoclaste crapuleusement assassiné en 1975 sur une plage près de Rome. Mais chez Marini la révolte et le tragique côtoient aussi l’ironie, maniant même l’autodérision de l’Italien moyen. Son recueil finit par un espoir, presque un miracle, écrit en 2002, Voglio miracoli : « Je veux voir surgir d’un trait de pinceau des arbres/Des maisons des gens intelligents ». C’est réussi avec ce recueil stimulant.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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