Gétatchèw Mèkurya - Ethiopiques 14 - Negus of Ethiopian Sax (2003)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/11-12/ethiopiques14_front.jpg Ethiopiques 14 - Negus of Ethiopian Sax par Gétatchèw Mèkurya 3307518225626

Quand le jazz américain des années 1950 rencontre un viéliste traditionnel éthiopien… au saxophone, cela donne une musique renversante, un groove hallucinant.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Ethiopiques 14 - Negus of Ethiopian Sax

Date de parution: 
2003
Réf
types de supports: 
CD
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Errances mélismatiques, ragtime (Yéné  hassab gwadègna, Shémonwanayé), orgue électrique, gospel (Aha gèdawo), clin d'œil à Nina Simone (Ambassèl) ou à la Motown (Shellèla). Le créateur de la collection Ethiopiques Francis Falceto ne s’explique pas tant d’influences américaines sur la musique éthiopienne urbaine, sinon par les programmes radio de la proche base américaine d'Asmara (Erythrée) dans les années 1950.

Les présents instrumentaux de Gétatchèw Mèkurya commémorent la genèse de son éthio-free jazz. Tous sont datés de 1972. Virtuose de la vièle masenqo, l’artiste transpose son jeu éloquent sur le saxophone sur des grooves feutrés de music-hall. Les genres jazz et éthiopiens y fusionnent alors en une alchimie d'ambiances indicibles. Un grand disque de sax éruptif, où l'innovation s’affranchit des références. On pense aussi à l'album Yes de Morphine...

Le génie de Gétatchèw combine ce jazz aux refrains traditionnels éthiopiens, notamment du chant guerrier Shellèla. Cette déclamation, tout en vibrato mélismatiques, hante les couplets éructés de ce « saxophone Shellèla ». Selon Falceto, la chance de Mèkurya fut en fait d'avoir ignoré ses contemporains occidentaux du free jazz, et d’ainsi laisser libre court à sa réappropriation fusionnelle de deux archaïsmes.

Le sax imite le masenqo de façon troublante : ses thèmes pentatoniques essoufflés, ses accents mélancoliques (Shellèla bèsaxophone, Yéné  hassab gwadègna), ses mélismes liés, les retournements de son archet court (Aynotché tèrabu).

Les attaques décalées des claviers introduisent des ambiances pentatoniques inédites où se répondent le sax, l'orgue électrique inouï de Gétatchèw Dègéfu et Girma Bèyènè et même les cuivres (Gèdamay, Aha gèdawo). « Chaque mélisme dérape ensuite avec plus de déstructuration et de liberté dans le jeu », selon le livret, avec une plaisante sensation d'inachevé, entre ragtime (Yèné  hassab gwadègna, Shémonwanayé), funk (Akalé Wubé, Gèdamay), et thèmes orientalisants (Antchi hoyé, Aynotché tèrabu).

Lorsqu’elle devient machinale (Aha gèdawo), la formule de Gétatchèw atteint sans doute une modernité imprévue. La fusion entre boogie et ambassèl moderne est à son apogée avec Yègènèt muziqa, un thème dorénavant inépuisable dans la variété actuelle d'Addis-Abeba.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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