Fawzy Al-Aiedy - Radio Bagdad (2012)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/09-12/fawzyal-aiedy_radiobagdad_front.jpg Radio Bagdad par Fawzy Al-Aiedy 3149028014525

Dans la lignée de ses albums, le chanteur souffleur et joueur de oud irakien réalise des compositions contemporaines faites d’arrangements finement électrifiés.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Radio Bagdad

Date de parution: 
2012
Réf
types de supports: 
Digipack
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« Tu es ma Bassora ma patrie/Tu as enchanté mes mélodies ». Qui suit la carrière de Fawzy al-Aiedy s'est forcément égaré bien loin de sa ville natale, seconde cité et port principal d’Irak. Exilé en France dès 1971, l’éclectique joueur de oud, hautbois, cor anglais, privilégie les refrains des chansons citadines au spleen du taqsim irakien. Les poésies satyrique ou tragique, fussent-elles d'Abû Nuwâs (entre 747 et 762-vers 815), Djaria, ou de Imrou' al-Qays (vers 500-vers 525), Leyla, donnent corps à sa musique marquée par l'attitude jazz, la note bleue prisée par Fawzy. Toute cette richesse le démarque à la fois du maqam classique et de la pop actuelle du Golfe.

Radio Bagdad relate son équipée rajeunie en terre de modernité. Machines, basse, batterie, accordéon, cornemuse (!) : Al-Aiedy a sérieusement renforcé ses compères, le percussionniste égyptien Adel Shams El Din et le violoniste tunisien Jasser Hajj Youssef. Au son pincé du hautbois, les arrangements sur-vitaminés transfigurent ces individualités fortes, sans unisson racoleur, ni juxtaposition improbable. Gros son. Rythmiques amplifiées. Un éléphant prudent dans un magasin de porcelaine.

Ailleurs, le oud électrique de Fawzy épelle patiemment les thèmes Djaria ou Nassam aleyna al-hawa sur des vocalises enrouées que n'aurait pas renié le Saoudien Talal Madah. Al-Aiedy se joue de la tradition, avec un plaisir évident à jouer sur scène. La mélodie d’Arabia enchaîne un court duo violon-cornemuse aux clins d’œil répétés à Rotana, la télé-robinet à clips de pop arabe. Le violon de Jasser Hajj Youssef virevolte en ornementations éblouissantes (Djaria, Fragui) entre Nil et Bosphore. Les introductions de Blues oriental et de Fragui le dédoublent en  autant de murs de violon numérique. Celle de Leyla se rapproche des notes de la version de Wahrane Wahrane (Oran Oran) de l’ex-cheb, Khaled.

Métamorphosé par la production, le vétéran Fawzy s’invente cheb (jeune) cosmopolite. Il revisite ses compositions passées La Gazelle et Dana Dina aux amphétamines musette électrique. Si les ritournelles prévisibles d’Arabia et de Dana Dina résonnent de sa prédilection assumée pour L’Auvergnat, il pousse ici l’audace jusqu’à évoquer l'entraînement d'une biguine inattendue (Malikati) ou au raï tonitruant (Ya Habibi, Fragui).

Sa voix éraillée vampe tantôt Khaled, tantôt Rachid Taha, dans leurs succès les plus hybrides. Indéniablement, la rencontre improbable des mélodies arabisantes et de la diction élastique de Fawzi fait mouche sur Inta, le morceau le plus émouvant de l’album. Arrimé à ses textes symbolistes, Fawzy Al-Aiedy a bien fait avec ce Radio Bagdad son Printemps arabe, sans se prendre au sérieux. Espérons-le.

Par Pierre d’Hérouville | akhaba.com

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