Fanfaraï - Raï cuivré (2011)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/05-12/fanfarai_raicuivre_front.jpg Raï cuivré par Fanfaraï 3700409808142

Ce premier album du brass band algéro-maroco-français ne joue pas que du raï, mais aussi du chaâbi, de la musique gnawi, mués superbement en jazz, latin jazz ou salsa.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Raï cuivré

Date de parution: 
2011
Réf
types de supports: 
Digipack
3700409808142
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Malgré son nom, ce brass band algéro-maroco-français ne joue pas que du raï, le rhythm’n’blues né dans l’Oranie, mais aussi du chaâbi, le fado d’Alger en plus dansant. D’entrée de jeu, la troupe parisienne, une dizaine de fantassins du cuivre et de la percussion, confie à Mohammed el Yazid Baâzzi, son invité (ils sont une dizaine ainsi sur l’album), le soin de chanter un succès de ce blues de la Casbah, Men sabni enkoun, une composition du chantre de l’immigration algérienne, le légendaire Abderrahmane Amrani alias Dahmane El Harrachi (1926-1980), planétarisé post-mortem par Rachid Taha réactualisant son percutant Ya rayah.

Du chaâbi encore, mais cette fois inspiré d’un tube planétaire, Quizás quizás quizás, écrit en 1947 par le Cubain Osvaldo Farres, transformé en 1958 en Chilet laâyani par l’Algérien Abdelhakim Gharami et que chantent ici la belle révélation Samira Brahmia et le violoniste Bouabdallah Khelifi, à la voix si confondante de similitude avec celle de Khaled.

Derbouka (Samir Inal, le fondateur du combo), trompettes (Yvan Djaouti, Patrick Touvet, Julien Silvand), saxophones (Mehdi Chaïb, Emmanuel Le Houëzec, Olivier Combrouze, Niccolo Vacchi), trombones (Antoine Giraud), soubassophones (Gaël Fajeau, Simon Andrieux), congas (Dominique Fiant), timbales (Alessandro Nivola), tbila (Raphaël Zerbib) transforment la douceur de ce boléro patrimoine immatériel de l’humanité en jazz tendre, puis glissant latin jazz vif avant de muer en salsa frénétique.

Il est aussi question de sonorité latino, mais dans ce cas cela reste naturel avec le standard raï Zerga ou mesrara tant la musique oranaise est historiquement et géographiquement nourrie par celle de l’Espagne. Bouabdallah Khelifi a ici l’accent et la manière des paroles de ce raï sixties-seventies, canaille et insolent, avant sa domestication internationale, alors que les cuivres rendent un hommage appuyé à l’inventeur musical du style, le trompettiste d’Aïn-Témouchent, Messaoud Bellemou.

La même nostalgie de ce rythme imprègne Zina, composition internationalisée dans les années 1980 par le groupe originaire de Sidi-Bel-Abbès, Raïna Raï, parée ici de tempo jazzy et qraqeb ou karkabous, crotales de la musicothérapie gnawi. Cette autre cadence majeure du Maghreb est également sublimée par Lafo, chanté par Abdelkader Tab, et qui renoue avec l’aspect fanfare du groupe car la procession gnawi est aussi une musique de rue.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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