Fanfaraï Big Band - Raï Is Not Dead (2018)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/06-18/fanfarainotdead_front.jpg Raï Is Not Dead par Fanfaraï Big Band 3521383443569

Ce nouvel album du combo francilien et franco-maghrébin manifeste que le raï est toujours vivant mais qu’il accueille surtout les autres musiques du monde.

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Type de produit: 
Album

Raï Is Not Dead

Date de parution: 
2018
Réf
types de supports: 
Digipack
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Ce troisième disque du big band francilien – douze musiciens franco-maghrébins – est d’abord un hommage appuyé, complice, affectueux à un raï non aseptisé, non customisé, non domestiqué. Ce cri canaille, subversif surgi dans sa forme moderniste au tournant des années 1960-70 essentiellement dans les villes de l’Ouest algérien, porté par la trompette fantasque de Messaoud Bellemou, par les gosiers calcinés de Belkacem Bouteldja (1951-2015), Younès Benfissa, Gana el Maghnaoui, Boutaïba Sghir qui animaient les night-clubs fripouilles des plages de la corniche d’Oran dans une Algérie présumée socialiste.

Aujourd’hui, Boutaïba Sghir, alias Mohamed Affif, replié à Beauvais (Oise), a ouvert son répertoire à Fanfaraï qui en a exhumé quelques inédits tels l’ouverture de son album avec Khalouha tgari (laissez-la se garer) : « Laisser-la se garer/Devant ma porte/C’est moi qui paierais l’amende ». Ou Zine akahll aïn (beauté aux yeux noirs), une belle qui rend maboul sur un tempo latin jazz, chanté par le grave Bouabdellah Khélifi, alors que l’invité Sofiane Saïdi déclame vigoureusement Diri yadik (mets ta main), autre improvisation de Boutaïba Sghir, sur un battement frénétique traditionnel et guerrier dit ‘alaoui avec tambourin sur cadre bendir, la percussion longiligne guellal et la flûte gasba en roseau.

Le big band mené par le percussionniste Samir Inal (oud aussi), fondateur en 2005 du groupe, joue également du funk, un peu de rock, avec les cuivres (Patrick Touvet, Yvan Djaouti, Emmanuel Le Houezec, Mehdi Chaïb, Antoine Giraud, Olivier Combrouze), les guitares (Didier Combrouze), clavier (Smaïl Benhouhou), batterie (Hervé Le Bouche). Le timbre épais, Abdelkader Tab chante éperdument Samhini ya tofla (excuse-moi jeune fille) entre raï et funk.

Le disque dit que le raï n’est pas mort, qu’il est enraciné en France depuis plus de trente ans, depuis ses premiers festivals en janvier et février 1986 à Bobigny et à La Villette, au nord de Paris, mais qu’il n’est plus seulement ce rhythm’n’blues traditionnel né, dans sa forme traditionnelle, il y a un siècle, dans les plaines de l’Algérie occidentale et du Maroc oriental, une musique métisse qui se nourrit continuellement des « bruits » du monde. Inchallah.

Par Hadi Omar | akhaba.com | 19-06-2018

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