Erik Aliana and Korongo Jam - Songs from Badissa (2011)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/04-12/erikaliana_songsfrombadissa_front.jpg Songs from Badissa par Erik Aliana and Korongo Jam 602527685571

Entre musiques urbaines et traditions du village natal, le chanteur camerounais s’est forgé un style raffiné fait d’énergie à revendre, de douceur à s’en repaître.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 13
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Songs from Badissa

label: 
Date de parution: 
2011
Réf
types de supports: 
Digipack
602527685571
0

Entre musiques urbaines fréquentées lors de ses études à Yaoundé et traditions imprégnantes du village natal, Badissa, au cœur du Cameroun, Erik Aliana s’est forgé un style raffiné, varié, de l’énergie à revendre, de la douceur à s’en repaître. Ses mélodies passent des couleurs pastel à des tons vifs dans cet album d’une douzaine de chansons déclamées essentiellement dans sa langue maternelle O’Sananga, d’un clan du peuple Béti, un chouïa d’anglais, deux ou trois exhortations en français sur Toumbe : « Ne t’arrête pas/Ne recule pas ». C’est ce qu’a fait Aliana en improvisant aussi en japonais avec Sukiafrica, un chant avec balafon, guitare, percussions euphoriques pour remercier des festivaliers nippons qui l’ont bien accueilli et contribué à la production de ce troisième disque de l’artiste avec son groupe Korongo Jam qu’il a créé en 1999.

Wokongo, inspiré par une mélodie traditionnelle qui l’a lanciné enfant, mené par un balafon élégant, une guitare svelte, reste un des morceaux des plus emblématiques de l’album avec des mesures qui lorgnent aussi vers la rumba congolaise, la musique la plus panafricaine. Bien sûr, Erik a largement de quoi se nourrir musicalement vue la richesse des rythmes camerounais dont beaucoup restent à découvrir comme ceux des O’Sananga qu’il célèbre d’entrée de jeu avec Bwa bwa, une berceuse traditionnelle métamorphosée en ronde enfantine. Alors que Monongo porte davantage de douceur pour chanter la filiation, l’héritage des ancêtres (« I want to know my history/I want to see »). Erik tient beaucoup aux anciens, à leurs valeurs, leur culture des contes narrés lors des « veillées autour de la lampe à pétrole ».

Entre guitare, balafon, flûte, sanza, batterie, les rythmes les plus connus du Cameroun sont aussi convoqués ici, tels le makossa, le bikutsi, le mvet sans âge et notamment l’assiko, cette cadence infernale pour les hanches. Les compositions d’Erik restent fortement imprégnées par les rythmes des rituels ancestraux, des cérémonies initiatiques, des transes qu’il transforme ici en mélodies enjouées. Parfois, le propos est grave comme celui de Moka où une percussion qui galope et des voix qui se chevauchent suffisent à déplorer le mal fait à la forêt, aux Pygmées. Un appel et réponse écologique qui emprunte aux fameuses polyphonies du peuple semi-nomade, dernier maître des mystères de la forêt.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

Albums proches
Recommandé si vous aimez
extract1: 
Mots Cles
Région: 
Partager | translate
commentaires