Ensemble Amenzou - Le Malhun à Marrakech (2004)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/10-13/amenzou_malhunmarrakeck_front.jpg Le Malhun à Marrakech par Ensemble Amenzou 794881742325

L’ensemble traditionnel Amenzou de l’hajj Mohammed Boustta perpétue à la fois l’esprit et l’interprétation rigoureuse des qasidas du malhoun de Marrakech.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Le Malhun à Marrakech

Date de parution: 
2004
Réf
types de supports: 
Digipack
794881742325
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Le malhoun (ou melhoun) est la rencontre du compagnonnage traditionnel des souks et d'une poésie citadine née au Tafilalet au 16ème siècle. Dans la tradition marocaine, les artisans-compagnons s'organisaient en guildes autour d'un idéal preux, qu’ils partagent avec les corporations moyen-orientales fitihan, ayyar et javanmard'an (« gentilshommes » en persan).

Les cercles du malhoun - ou « ghria » à l’époque - substituent l’inspiration poétique à l’initiation à la chevalerie, sans renoncer ni aux degrés confrériques, ni à cet idéal masculin héroïque. A la rue comme sur la scène de l’abbaye de Royaumont, l'ensemble traditionnel Amenzou de l’hajj Mohammed Boustta (Marrakech) perpétue et conserve avec austérité cette discipline et cet art, mêlés.

Sous les Alaouites, les odes qasida avaient embrassé la musique arabo-andalouse gharnati. Leurs vers scandés, désormais chantés, ne soutenaient pas les différents mètres des suites nouba unimodales : ils s’en sont donc affranchis. Les introductions instrumentales métrées serrâba, bohêmes, contrastent avec la scansion austère des couplets. Le violon d'Abdellah Fekhari y étincelle souvent en un virevoltement virtuose, et plus particulièrement sur celle de Tamu. Sur L-Saqi, le luth suisdi, une variante rare du lotar berbère, y répond avec une loquacité inattendue.

Les longs couplets spirituels répètent à l’envi la bravoure et le dévouement du ashq, héros emblématique et abstinent. Ces parodies de métaphores soufies (L-Saqi), célèbrent aussi un hédonisme feint par amour extatique... de la Vertu. Paradoxalement, cet art est donc celui du Verbe, plus que de la musique. Si le sens et la perfection sonore des vers s'entremêlent avec génie, la scansion et les allégories peuvent rendre le chant répétitif. Les chœurs intermittents des refrains hasaba, mimétiques du madih confrérique, le ponctuent (Nezha).

Les formes usuelles de cauda consistent alternativement en accélération dridga (Nezha, Meryem) ou en mouvement rythmé goubbahi (L-tbib), tous marqués par une rupture modale fort à propos. La qasida finale Fesl l-rbi’ gebbel, chantée en chœur d'un bout à l'autre, sonne comme une marche triomphante, très réussie.

De nos jours, la disparition des poètes guette le malhoun. C’est à présent aux amateurs profanes que revient le rôle du conservateur, ou hâfiz, de la tradition, raison d’être originelle du compagnonnage.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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