Ensemble Al-Tanbûrah - La Simsimiyya de Port-Saïd (1999)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/02-13/al-tanburah_portsaid_front.jpg La Simsimiyya de Port-Saïd par Ensemble Al-Tanbûrah 794881472420

Réuni en 1989, ce groupe enthousiaste du canal de Suez revitalise un genre local en perdition, une musique et un chant de travail chaleureux, et non dénués d’humour.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

La Simsimiyya de Port-Saïd

Date de parution: 
1999
Réf
types de supports: 
Digipack
794881472420
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Mélomane nostalgique, l’Egyptien Zakarya Ibrahim a réuni en 1989 ce que Port-Saïd comptait de musiciens, chanteurs suhbagiyya polyvalents en un collectif nommé Al-Tanbûrah. Un groupe mêlant deux ou trois générations d’artistes pour revivifier une musique et un chant de travail en perdition, non dénués de thèmes sociaux, d’amour et de beaucoup d’humour.

Ce faisant, Zakariya ouvrait la boîte de pandore recelant des genres oubliés de la mer Rouge : chants profanes, lyres bédouines, respectivement du Sinaï et du Haut-Nil, mais aussi celles de la Corne de l’Afrique (exemple le morceau Badrun arid). Sa troupe, pléthorique et débonnaire, s’est réapproprié ces sonorités oubliées pour en écrire une nouvelle page d’histoire.

Ainsi, le style dama urbain est détourné du chant confrérique. Les suhbagiyya en ont vitaminé les chœurs harmonieux à grand renfort de riqq. Ponctué d’intermèdes vocaux saccadés dits jawab damma (Ya qâlb, Wa al-Salât ‘al-Nabî, Wal-karîm ma khâb), les damma proprement dites, s’épanchent ensuite dans l’unisson responsorial du chœur au maître de chant (Qâsi mâqâsîi, Badrun arid).

La voix seule vocifère une jubilation communicative, parfois par ses glissements virtuoses non métrés (Ahwâ qamar). Innovation de l’accompagnement « vocal » de la lyre : le jeu arpégé imite parfois le qanun des genres savants (Qâsi mâqâsî).

D’un autre côté, on trouve le genre simsimiyya, du nom de la lyre antique pratiquée par les pêcheurs égyptiens, hérité des chants de travail du canal de Suez. Il culmina jusqu’au milieu du XXe siècle dans les cafés des ports, où les ouvriers, souvent nilotes, l’accompagnaient de cet instrument. Dorénavant, le thème mélodique couplet/refrain est entonné par deux lyres : une simsimiyya customisée (15 à 30 cordes) et une tanburah miniaturisée dans les graves.

Il est ensuite repris avec une section rythmique, des claquements de mains et des couplets faciles (Shuftu al-qamar, Kawânî al-hubb). Sa puissance réside dans le contraste entre le son aigrelet de la lyre et les chœurs virils. Genre libre, la simsimiyya permet toutes les fantaisies : solos de lyre, danse syncopée, chant layali (Yâ ’âzif al-awtâr), pot-pourri (Baghani, Sabâh al-habâyib…)

Autodérision, danse du bâton (istihlal), interaction dans le public : la troupe doit autant la reconnaissance unanime à son enthousiasme communicatif qu’à son tour de chant. L’ensemble se veut notamment le chantre de la danse spontanée bambouti.

Début 1996, sa venue en France fut l’occasion d’enregistrer le présent CD devant un parterre parisien surchauffé. Considérant tant d’interactions chorégraphiques, le résultat a bénéficié d’un indéniable exploit technique de mixage. De la décade de tournée à succès qui suivit, il demeure leur seul enregistrement disponible.

Par Pierre d’Hérouville | akhaba.com

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