El Hefny Music Ensemble - Collection grands compositeurs méditerranéens - Daoud Husni (2006)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/04-15/daoudhusni_front.jpg Collection grands compositeurs méditerranéens - Daoud Husni par El Hefny Music Ensemble EC 1921

Dix ans avant l’âge d’or du tarab égyptien, la scène cairote s’embrasait déjà pour les comédies musicales… au théâtre. Epaulé par l’ensemble du Centre Musical El Hefny, En Chordais revient dans les pas d’un génie de la composition.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 16
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Collection grands compositeurs méditerranéens - Daoud Husni

label: 
Date de parution: 
2006
Réf
types de supports: 
Digipack
EC 1921
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Une trentaine de comédies musicales, près de cinq cents dawr ou poésies mises en musique, ainsi qu'une myriade de chansons traditionnelles taqtuqa : avec cet inventaire impressionnant, le cairote Daoud Husni (1870-1937) coudoie Muhamad Othman (1855-1900) parmi les compositeurs égyptiens classiques les plus prolifiques.

Né au Caire au faîte de la renaissance de la musique arabe en Egypte – ou Nahda – Daoud Husni va connaitre les tournants majeurs de la comédie musicale locale et de la démocratisation du chant classique. Subjugué dès sa jeunesse par les premiers chanteurs populaires cairotes Muhamad Othman, Muhamad Salem Al-Agûz et Abdou Al-Hamouli, il apprend le oud et fait ses premières armes à la fois dans le tarab naissant et dans le taqtuqa, la chanson populaire des « almées ». Toute sa carrière durant, il s'échinera à réhabiliter l'art de ceux qu'on surnomme alors les mughannatwâtiyya, ou « petits chanteurs ».

Dès ses débuts à la scène, Daoud Husni comprend pourtant que sa voix n'est plus au goût d'alors, et s'oriente vers la composition. Cependant sa productivité relèvera bientôt moins de Muhamad Othman, son modèle, que d'Honoré de Balzac… La demande semble s'emballer lorsqu'apparait le phonographe en Egypte, en 1905 ; la société Gramophone lui commande aussitôt une grande quantité de dawr, qu'elle rémunère six livres égyptiennes l'unité. Un gain qui le contraint à un stakhanovisme de circonstance. Quelques années plus tard, son concurrent, le fameux Sayed Darwich (1892-1923), atteindra le taux formidable de cinq œuvres par mois. En 1919, le compositeur emboîte le pas à Sheikh Salama Hijazi (1852-1917), le pionnier de la comédie musicale cairote, et en compose à son tour une poignée.

Or, coté partitions, Husni excelle davantage dans le dawr. Son sens de la mélodie donne toute sa mesure dans cette expression classieuse du tourment sentimental. Il en écrira de merveilleux pour Saleh Abdel Al-Hayy (1896-1962), puis pour Leila Mourad (1918-1995), Asmahan (1917-1944) et Oum Kalsoum (1898-1975), alors jeunes premières. A défaut de fortune, ses œuvres innombrables apportent donc à Daoud Husni une postérité reconnaissante. De nos jours, la notoriété de ses classiques lui survit largement. Selon la légende, il ne connaîtra pourtant aucun faste de son vivant, et devra jouer jusqu'à ses vieux jours les importuns en mal de client, de ceux qu'on renvoie quotidiennement dès le vestibule.

Pour les besoins de cet hommage orchestral, le label En Chordais s'en remet en 2004 à la directrice de l'Opéra du Caire d'alors, Ratiba El Hefny (1931-2013). Pour ce faire, cette artiste méritante conduit l'ensemble du Centre Musical El Hefny, augmenté du oudiste virtuose Hazem Shaheen. Le projet culmine la même année avec une interprétation vocale par Hamdy Hashem sur scène, à l'occasion du festival MediMuses à Larnaca (Chypre).  

L'enregistrement studio du projet met en valeur ces compositions anciennes avec une qualité sonore inédite, alors que certaines n'avaient jamais dépassé jusqu'ici celle du 78 tours. La précision technique de l'interprétation est assez remarquable, tandis qu’Hamdy Hashem est épaulé de quatre autres voix. Le songbook théâtral d’Husni est ici sous-représenté, cependant qu’au détour des dawr El Bu'd 'Allamni El Sahar et In 'âsh Fu'âdak, l'auditeur redécouvre avec délectation des compositions ciselées, formidablement expressives.

Ce revivalisme exigeant raconte avec une fraîcheur oubliée les débuts glorieux du tarab moderne. Sa virtuosité dépouillée, et bien sûr son répertoire, soutiennent la comparaison avec Waed Bouhassoun (Syrie) et Mustafa Saïd (Egypte).

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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