Dorsaf Hamdani - Princesses du chant arabe (2012)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/02-12/dorsafhamdani_princesseschantarabe_front.jpg Princesses du chant arabe par Dorsaf Hamdani 3149028015027

Dotée d’une voix intense, la chanteuse tunisienne ose enfin enregistrer des succès des trois divas hissées au firmament de la musique arabe et s’en sort admirablement.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 15
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Princesses du chant arabe

label: 
Date de parution: 
2012
Réf
types de supports: 
CD
3149028015027
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Toutes les gamines apprenties chanteuses de la rive sud de Méditerranée ont commencé devant leur miroir par imiter, jusqu’aux mimiques, Oum Kalsoum, Asmahan, Fairouz. A Tunis, Dorsaf Hamdani a pris ce chemin, formant sa voix pour se rapprocher des trois légendes. Née en 1975, elle est vraiment lancée dès 1995. Mais, Dorsaf attendra plus de quinze ans avant d’enregistrer cette dizaine de chansons immortalisées par les trois légendes du Moyen-Orient. Elle sait l’exercice périlleux, voire sacrilège pour les puristes, tant les trois cantatrices sont hissées au firmament de la musique arabe. Et bien, Dorsaf s’en sort bien, soutenue par les violon, qanun, ney, derbouka riqq, daf.

Le timbre plus grave, Dorsaf réussit en les personnalisant deux succès de la Phèdre maronite du Liban, sur scène depuis 1957, Fairouz, comme Rajeen ya hawa (nous sommes de retour ô amour). Un chant écrit et composé dans les années 1970 par les frères Rahbani, le mari de Fayrouz, Assi, et Mansour, modernisateurs mythiques du folk libanais, la musique de danse dabké, celle du chant ataba. Ou encore le morceau Yallah tnam Rima (ô Seigneur Aide Rima à dormir), lancé en 1967 par le film Bint al harès (La Fille du gardien), comédie musicale de l’Egyptien Henri Barakat, écrit par le duo fraternel, mais que recompose dans cette version avec plus de douceur en 1995 Ziad Rahbani, le fils aîné de Fairouz et d’Assi, venu aussi du jazz et de la scène alternative de Beyrouth, avant guerre civile (1975-1990).

Dorsaf s’essaie à trois interprétations ici d’Asmahan (1917-1944), où elle est plus à l’aise, donnant la pleine mesure de sa voix avec un mawwal, improvisation vocale vigoureuse et déliée, Mawwal ya dirati (chant à ma patrie). La chanteuse tunisienne sait qu’avec Asmahan, la druze d’adoption égyptienne, elle a affaire à un moment où la grande musique du Caire puisait dans des rythmes d’ailleurs. Notamment le tango, la valse viennoise, à l’exemple du tube Layali el ouns (nuits d’intimité), ou plus complètement Layali el ouns fi Vienna, composé par le frère de la diva Farid El Atrache, extrait du film Gharam wa intiqam (Amour et vengeance) réalisé par Youssef Wahbi en 1944 où disparaît la cantatrice, à vingt-six ans. « Nuits d’intimité à Vienne dont la brise est souffle de paradis », lui écrivait Ahmed Rami, le poète de prédilection d’Oum Kalsoum, l’Astre de l’Orient disparu en 1975, que la mémoire orientale se plaît encore à faire rivaliser avec La Sublime, asmahan en arabe, nom de scène que lui a donné le compositeur juif Daoud Hosni.

Une émulation exacerbée à l’époque où la fille d’un imam pauvre du delta du Nil et celle d’un prince déchu de Syrie étaient aussi héroïnes de comédies musicales sur le grand écran qui a beaucoup fait dans leur starisation, du Golfe à l’Atlantique. D’ailleurs, sur les trois chansons d’Oum Kalsoum que Dorsaf reprend ici avec adoration, outre le douloureux Li as-sabri houdoud (la patience a des limites) de 1926, deux viennent du cinéma: la taktouka, musique légère, de Ghanily chawe chawe (chante-moi un peu) du film Salamah (1945) du juif cairote Togo Mizrahi, et celle de Loughat az-zouhour (le langage des fleurs) du musical Fatmah réalisé en 1947 par Ahmed Badrakhan, le Minnelli du Nil. C’est le dernier rôle cinématographique de la « Voix Incomparable », selon La Callas dont l’expression est toujours une vérité pour toutes celles qui s’y sont essayées.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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