Didier François - Dans l'oubli du sommeil - Brand New World (2007)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/12-14/dansloublidusommeil_front.jpg Dans l'oubli du sommeil - Brand New World par Didier François 5425015550336

Dans son dernier opus en date, le nyckelharpiste Didier François rencontre Gabriel Yacoub et la vielle à roue de Gilles Chabenat. Un univers sonore riche et complexe où tout entre en résonance.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 15
Type de produit: 
Album

Dans l'oubli du sommeil - Brand New World

label: 
Date de parution: 
2007
Réf
types de supports: 
Digipack 2xCD
5425015550336
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Musicien et compositeur belge, Didier François est issu d’un cursus classique de violon. Un jour, il croise la nyckelharpa, ornithorynque de la musique traditionnelle suédoise, descendante de la lointaine vielle à archet médiévale, instrument complexe dont le son semble émaner tout droit de la voute céleste. La belle va le fasciner.  Il n’aura de cesse depuis de la séduire pour en explorer les secrets, et élaborer au fil du temps une façon épurée de donner naissance à chaque note.

Influencé initialement par la musique traditionnelle suédoise, et sensible aux influences baroques et contemporaines, il va progressivement élargir son cheminement artistique ; car Didier François est homme de rencontres, ce dont atteste sa discographie. Citons un CD en duo avec son compatriote guitariste et joueur de bouzouki Philip Masure (Map Records, 1999), et surtout l’album Falling Tree (Long Distance, 2001) où sont invités Ulrika Bodén (Suède, chant), Lévon Minassian (Arménie, doudouk), Jan Van Outryve (Belgique, théorbe) Haroun Teboul (Algérie, ney) ainsi que les Français Gilles Chabenat (vielle) et Renaud Garcia-Fons (contrebasse). On retiendra aussi dans ce parcours une « séquence Bartók » en duo avec le nyckelharpiste allemand Marco Ambrosini, et de nombreux échanges avec des artistes émérites tels Stéphane Grappelli, Gabriel Yacoub, Michael Riessler ou Armand Amar. L’éclectisme de sa démarche l’amène par ailleurs à composer pour la danse, le théâtre et le cinéma. Enfin, il est sculpteur.

Mais voyons maintenant son dernier opus en date, produit par Homerecords en 2007, un label propice aux musiciens souhaitant développer une démarche artistique très personnelle. Deux CD le composent, projets artistiquement indépendants.

Dans le premier, L’oubli du sommeil, Didier François engage un dialogue avec Gilles Chabenat, référence en matière de vielle à roue. Les deux instruments en présence ont des points communs : de tradition française (vielle) et suédoise (nyckelharpa), tous deux sont encartés dans la famille des cordes frottées, par la roue pour l’un, par l’archet pour l’autre. Ensuite, ils sont dans leur utilisation la plus largement répandue des instruments  essentiellement conçus pour accompagner les musiques à danser des répertoires traditionnels de ces pays.

Mais ici, Didier et Gilles vont bien au delà de ce corpus. Nous voilà dans un dialogue d’improbables lignes mélodiques, plus suggérées qu’affirmées, par touches. Les notions d’ésotérisme, d’intemporalité, voire de méditation pourraient venir à l’esprit. L’intensité sensorielle vers laquelle cette musique nous invite interroge, tant la proposition nous place en décalage au regard du quotidien de nos pratiques d’écoute. D’un accès quelque peu déroutant, il convient de se laisser « apprivoiser » par la proposition musicale d’un tel album, propice à l’émergence d’images et d’émotions qui seront de l’ordre du ressenti propre à chaque auditeur.

Le second CD, Brand New World, sera probablement plus accessible. La nyckelharpa y présente un visage moins austère et erratique. L’invité est Gabriel Yacoub, membre emblématique du groupe Malicorne, accompagné de Sylvie Berger et de Tom Theuns. Cette fois ci, c’est le chant qui va s’épanouir dans les espaces que Didier sait offrir à l’émergence des voix. Les textes et compositions de Gabriel, vocalement soutenu par Sylvie et Tom sur un mode polyphonique, entrent alors en symbiose avec l'esthétique du musicien belge. Nous voilà alors parfois entre la spatialité de l’instrument scandinave et la chaleur des voix, hypothétique osmose de la glace et du feu. Mais la sérénité prévaut. Tout comme dans le premier disque – les deux présentant par ailleurs une égale qualité d’enregistrement –, l’atmosphère y est favorable à la naissance de multiples imaginaires. A ce titre, on pourra alors ressentir légitimement un certain lien de filiation entre les deux supports.

La proposition de Didier François est une architecture riche, unique, parfois complexe. Un univers sonore où tout entre en résonance. Les clés pour y accéder existent. Il convient simplement d’aller au delà de premières impressions qui pourraient s’avérer par trop hâtives. 

Par Alain Bormann | akhaba.com

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