Débora Russ - Tangos pendientes (2012)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/02-12/deboraruss_tangospendientes_front.jpg Tangos pendientes par Débora Russ 3149028015126

Avec sa voix de cantatrice tragique, la chanteuse argentine déclame avec grâce une douzaine de poèmes tango et milonga connus et méconnus de grands auteurs de son pays.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 15
Type de produit: 
Album

Tangos pendientes

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Date de parution: 
2012
Réf
types de supports: 
CD
3149028015126
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Débora Russ est née et a grandi dans la très universitaire Córdoba, seconde cité d’Argentine, s’est formée au flamenco et a fini par trouver des accents de la complainte andalouse dans le tango. Alors, elle est partie s’installer dans la capitale argentine pour mieux connaître cette « pensée triste qui se danse » à Buenos Aires depuis la fin du XIXe siècle. Entre de multiples collaborations et aventures musicales entre son pays et Paris, Débora chante cette fois une douzaine de poèmes connus et méconnus de quelques auteurs argentins, notamment le plus universel, Jorge Luis Borges. Elle déclame son El Titere (la marionnette), une milonga composée par un autre monstre sacré d’Argentine, Astor Piazzolla. Une voix qui raconte, comme dans une véritable narration, sur une musique souvent enlevée, qui parfois oscille entre drame et drôlerie. C’est le tango.

Mais la voix grave de Débora a une prédilection pour la tragédie, la douleur comme celle de la confession qui ouvre l’album, Garras (griffes), une composition d’Anibal Troilo, la légende du bandonéon qui a provoqué la vocation tanguista de la chanteuse. Cela commence tel un murmure, puis le chante monte, s’aggrave, porté essentiellement par le bandonéon de Victor Villena. L’instrument roi du tango bandonéon s’étire voluptueusement sur la passion folle de Fruta amarga (fruit amer) du romantique et autre grand poète du tango, Homero Manzi dont Débora reprend un texte célèbre, Sur (sud, mis en musique par Troilo, qui garde encore toute sa saveur sur le temps qui passe et les temps qui changent. Le romantisme et le ton nostalgiques marquent aussi Rebeldia (révolte), des vers d’Oscar Rubens (de Rubinstein), fils de cordonnier fuyant les pogromes d’Ukraine au début du XXe siècle.

Sur un ton cantatrice aux envolées vocales éplorées, la chanteuse retrouve la connivence de Borges et Piazzolla avec Jacinto Chiclana, un tango intimiste égrené aussi par la guitare aux évanescences gitanes d’Alejandro Schwarz, épaulé par la contrebasse de Mauricio Angarita. Tous deux arrangeurs de cet album qui donne la part belle au tango classique. Comme ceux de Golondrinas (hirondelles), une composition de Carlos Gardel à la langueur entraînante et où le bandonéon invite à l’abandon alors que sur Soledad (solitude), musique de Gardel aussi, l’instrument sait gémir et se réveiller. Débora n’oublie pas d’évoquer aussi le tango novateur comme celui de Que Buenos Aires tenga voz (que Buenos Aires ait de la voix), écrit dans les années 1970 en pleine désuétude du genre qui retrouve une nouvelle vie et ne cesse de s’éclipser pour mieux revenir.

Par David Marif | akhaba.com

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