Daryoush Tala’i - Collection grands interprètes méditerranéens - Dariush Tala'i (2005)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/11-13/talai_interprete_front.jpg Collection grands interprètes méditerranéens - Dariush Tala'i par Daryoush Tala’i EC 1916

Dans l’esprit du répertoire instrumental ancien, cher à ses maîtres prestigieux, le luthiste élitiste Daryoush Tala’i démontre une virtuosité particulière pour l’improvisation au luth Setâr.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 16
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Collection grands interprètes méditerranéens - Dariush Tala'i

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Date de parution: 
2005
Réf
types de supports: 
Digipack
EC 1916
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Si la musique classique persane est traditionnellement basée sur le répertoire transcrit, ou « radif », des thèmes appris « gusheh », c'est bien la subtilité de leur recombinaison qui en structure l'improvisation érudite. Un rigorisme décrié par la jeune génération, Hossein Alizâdeh en tête. Héritier de la tradition, le luthiste chevronné Daryoush Tala’i fait plutôt figure de cerbère de l’art ancien, tant par son perfectionnisme que par son cheminement vers la maturité.

L’interprète a rodé son jeu auprès de Youssef Forutan et de Saeed Hormozi, deux maîtres de l’improvisation au setâr, réputés inégalés. Comme l’a décrit le musicologue Jean During, lorsque l’improvisation classique n’était pas jouée sans mètre, celle-ci se complaisait de préférence à bourdonner en mètre libre autour d'une pulsation métrée, fébrile. Une polyrythmie délaissée dans l’improvisation mélismatique ou sentimentaliste des innovateurs, étiquetés soupçonneusement « navaz shirin » – jeu « doux », « sucré » – en Iran. A défaut de tambour-calice tombak, le luth setâr de Tala'i, loquace, module bien une pulsation virtuelle : au pas de galop (gusheh (= thème) bargardân en Esfahân) ou sur une marche (gusheh reng-e qadimi en Mâhur et thème zarbi en Esfahân).

Sur le charmezrâb en mode Navâ – une forme propice à la démonstrativité –, l'index oscillant imperceptiblement entre pulpe et ongle, survole les fines cordes métalliques. Les notes foisonnent plus vite que l’entendement commun ne peut les distinguer. Frissons, lorsque Tala'i mitraille ce canevas : sa métronomie surnaturelle, à l'instar du santouriste Faramarz Payvar (1933-2009), tourne à la tuerie. Une vélocité glaçante, hors de portée, qui exaspère ses pairs instrumentistes ou tétanise l’auditeur.

Ce jeu de setâr contraste a fortiori avec celui du plectre au luth târ, une autre corde à son arc. Sur la suite Dastgâh Segâh, Tala’i démontre l’originalité du jeu puissant de son maître, le fameux Ali Akbar Shahnazi (1897-1984). Initié dès l’âge de onze ans, il est l’un des rares à pouvoir revendiquer aujourd’hui une entière filiation musicale avec cette référence absolue du târ.

Le présent enregistrement est donc un concentré d’élitisme et de tradition technique. Hélas pour le public européen, Tala’i – « en or » en persan – se cantonne depuis à d'inaccessibles sessions enregistrées, pour la plupart, dans son pays. Au détriment de trop rares collaborations avec les voix d’artistes tels Shahram Nazeri ou Ali Reza Ghorbani, que son jeu sophistiqué rehausse pourtant merveilleusement.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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