Boubacar Traoré - Mali Denhou (2010)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/04-11/boubacartraore_malidenhou_front.jpg Mali Denhou par Boubacar Traoré 3567255624926

Le dernier vétéran du blues malien après la mort d’Ali Farka Touré revient avec des chansons à décanter comme un bon crû, en douceur et parcimonie.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Mali Denhou

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Date de parution: 
2010
Réf
types de supports: 
Digipack
3567255624926
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Le dernier vétéran du blues malien après la mort d’Ali Farka Touré (1939-2006) revient avec une dizaine de chansons à décanter comme un bon crû, en douceur et parcimonie pour ne pas en perdre une goutte. Cinq ans après son précédent album, Kongo Mani, l’homme semble plus serein car il a déjà connu l’oubli, le manque de concerts qui donnent du ressentiment. A l’approche des soixante-dix ans, Boubacar Traoré évoque même sa disparition sur Dundôbesse M’Bedouniato, une inspiration de guitare satinée, un harmonica qui se fait discret devant la gravité comme sur le sobre Farafina Lolo Lôra.

Il y a un mot à bannir à propos de ces compositions sorties fin 2010 : authentique. Certes ce sont des mélodies nourries de culture khassonké (nord-ouest du Mali) que Boubacar partage avec son cadet, le rocker mandingue Habib Koité. Mais Kar Kar, pour les admirateurs de sa période footballistique, joue tout simplement sa propre musique, la même depuis des lustres, une façon d’utiliser la six-cordes comme une kora (21 cordes). Un jeu enregistré cette fois chez Salif Keita, au studio Moffou surplombant le fleuve Niger, en compagnie très dense et essentielle du complice harmoniciste Vincent Bucher, que l’on ne serait pas étonné si le musicien français avait co-signé de son nom le CD.

Les morceaux où l’harmonica s’efface sont relégués à la fin du disque. Les cordes sont seules sur Kankan Baro et le balafon de Fassery Diabaté prend de sa splendeur sur Mali Tchebaou alors qu’il reste à peine audible sur la plupart des titres. Le dialogue de Boubacar et Vincent sur les légers balancements de Mali Denhou laisse un peu plus de place à la calebasse de Madieye Niang, le vieux compagnon du chanteur. La voix un peu ronde, un peu fêlée de Kar Kar chante Minuit (« Minuit/Y’a Minuit »), telle une comptine charmeuse alors que N’Dianamogo est une psalmodie émaillée des accords délicats du n'goni de Mahamadou Kamissoko.

Boubacar délaisse la lenteur hypnotique pour la cadence plus véhémente de Mondeou qui prend des allures rock. Le morceau instrumental Fama reste la rencontre la plus équilibrée entre guitare et l’harmonica qui a tendance à cannibaliser les autres instruments comme s’il fallait souligner à tout prix le blues d’un disque fait de transe tranquille. Mais tout le monde sait que le blues est né sur les rives du Niger.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

Grand Prix de l'Académie Charles Cros 2011, catégorie Musiques du Monde

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