Boubacar Traoré - Kongo Magni (2005)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/04-11/boubacartraore_kongomagni_front.jpg Kongo Magni par Boubacar Traoré 3567255624827

Après des années d’absence, le bluesman malien, qui chérit sa guitare comme une femme, enregistre des arpèges tendres pour chanter des histoires d’espérance.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Kongo Magni

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Date de parution: 
2005
Réf
types de supports: 
Digipack
3567255624827
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Au lendemain de l’indépendance du Mali en 1960, Boubacar Traoré exhortait sur la radio nationale avec sa guitare twist ses compatriotes à l’effort dès leur réveil. Après des années de silence, suite à la disparition désespérante de sa femme Pierrette, Boubacar, surnommé Kar Kar pour ses anciens dribbles sur les terrains de foot, est revenu sur scène en 2005 avec ce disque d’une dizaine de morceaux enregistrés entre Paris et Bamako, au fameux studio bogolan. Un retour remarquable où le bluesman de Kayes, sud-ouest du Mali, qui chérit sa guitare comme une femme, compose des arpèges tendres pour chanter des histoires d’espérance afin de domestiquer le chagrin comme en témoigne Dounia Tabolo qui salue la venue au monde de Pierrette Françoise, la petite-fille de Kar Kar. La voix chargée d’une émotion rare, Boubacar enregistre d’une traite ce pleur presque nu avec sa guitare, la calebasse de Pedro Kouyaté, la percussion d’Emile Biayenda. Deux complices qui accompagnent, toujours avec élégance et sobriété Boubacar pour dénoncer guerre, famine, épidémies dans Kango Mani où brille le kamele n'goni de Yoro Diallo. Dans Kanou, c’est l’accordéon du Malgache Régis Gizavo, mélancolique et solaire, qui donne toute sa beauté à ce plaidoyer plein de sincérité pour la paix et l’harmonie en ce bas monde. Une jolie mélodie, presque une musique de comptine que Kar Kar récite d’une voix de conteur chenu. Le lyrisme lymphatique de Boubacar est aussi magnifié par les gémissements, parfois les scansions, de l’harmonica de Vincent Bucher, africaniste français au long cours, notamment sur Horonia, hymne à la liberté. Le célèbre balafoniste malien Kélétigui Diabaté, lui, compose des mesures cristallines, d’une simplicité confondante parce que fruit d’une longue maturation qui a su se débarrasser du superflu pour permettre au bluesman de louer dans Sénékéla les agriculteurs qui nourrissent leur pays dont la libération est exaltée sur Indépendance. Ce  morceau a été donné à Kar Kar par son frère aîné avant son départ pour Cuba. Le regretté Kalilou avait offert à son cadet sa première guitare pour chanter depuis quatre décennies une émotion universelle.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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