Bonga - Angola 72-74 (2007)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/07-11/bonga_angola72_74_front.jpg Angola 72-74 par Bonga 3567255620027

Deux enregistrements cultes parmi les albums emblématiques de la world music chantés par Bonga, la voix rocailleuse angolaise la plus célèbre d’Afrique.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 15
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Angola 72-74

label: 
Date de parution: 
2007
Réf
types de supports: 
2xCD
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Angola 72, un des disques fondateurs de ce qu’on appellera en Occident dans les années 1980 musiques du monde, world music en anglais, produit dans l’urgence, l’exode face à la répression. Pour enregistrer ses dix premières chansons, l’ex-recordman du 400 m de l’empire portugais, l’Angolais le plus connu du monde, Bonga, s’est enfui à dix-neuf ans en Hollande, échappant à la DGS issue de la Pide, la redoutable police politique, héritée en 1968 de Salazar (1889-1970) par son dauphin Marcelo Caetano (1906-1980) après trente-six ans de dictature.

Leur Estado Novo est balayé par la révolution des Œillets commencée le 24 avril 1974 à Lisbonne, la même année où l’indépendantiste Bonga Kuenda réalise à Paris son second enregistrement, Angola 74. La nouvelle réédition en 2007 de ces deux albums montre la force intacte, le souffle invincible d’un chant toujours d’actualité, inspiré par le semba traditionnel, un ancêtre de la samba brésilienne, parfois par les musiques de danses rituelles kalundu et kilombe-lombe, cadencées par le gros tambour ngoma.

Le premier disque, chanté en kimbundu, est produit par Morabeza Records, label fondé en 1965 à Rotterdam (grande destination européenne des Capverdiens) par João Silva dit “Djunga d’Biluca”. Militant capverdien qui produisait des albums circulant souvent sous le manteau en Afrique portugaise, porteurs d’une puissante identité africaine et créole mais niée par le colonialisme. Il suffit d’écouter ce chant interprété par Bonga, repris tant de fois depuis, ce Mona ki Ngi Xica qui arrache des larmes, lamento de cordes de guitare et vocales, avec une douce percussion, cinq minutes de douleur sans âge.

Une mélancolie qui répond aux gémissements rauques de Balumukeno, au blues de Paxi Ni Ngongo et Muimbo Ua Sabalu, à la tendresse tropicale de Luanda Nbolo, du nom de la capitale angolaise dont la splendide baie nourrit les pêcheurs inventeurs de la rebita, genre de semba mêlée de rythmes de danses européennes qu’interprétait à l’accordéon le père de Bonga alors que celui-ci l’accompagnait à la dikanza, bambou strié frotté ou frappé par une baguette.

Instrument fétiche de Bonga qui en joue sur pratiquement tous ses morceaux pas seulement pour faire pleurer mais aussi pour faire danser comme sur le sobre Ku Tando, le frémissant Kilumba Dia Ngola et sa guitare acoustique mais vive, ou Muadikime.

Un déhanchement que l’on retrouve dans Kubangela et sa guitare acoustique sur Angola 74, un disque plus ouvert, fruit de rencontres parisiennes comme l’instrumental Ghinawa, plus de cinq minutes marquées par une flûte, le sax du Guinéen Jo Maka, impro égale d’une descarga cubaine ou d’une jam-session jazz, pendant d’un autre morceau musical, Roots, mené par des instruments à souffle comme les cuivres de Ma Kongo qui allie lenteur et puissance.

Plus frénétique, Marika est une transe aux mouvements jazz comme le dansant Ngana Ngonga. Bonga délaisse son fameux timbre rocailleux pour chanter en ténor, en six minutes, Sodade, la morna que popularisera une vingtaine d’années plus tard une certaine Cesaria Evora.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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