Bau fut un temps le chef d’orchestre de la Capverdienne la plus célèbre du monde, Cesaria Evora, après des premiers pas d’animateur de zouk et de reggae « pour faire danser ». Il sort en 2005 cet album très atlantique, c’est-à-dire entre son Cap-Vert natal et le Brésil. Fils de musicien, Rufino Almeida, plus connu sous le nom de Bau, s’est passionné très jeune pour le cavaquinho, instrument né portugais et adopté depuis des décennies par les musiques du Brésil et du Cap-Vert.
L’artiste natif de l’île de Saõ Vicente en tire des arpèges inouïs, des compositions véloces et tendres, des ballades instrumentales (avec aussi guitare et basse acoustiques, guitare électrique) si expressives qu’elles semblent chanter la morna, à l’exemple de la perle Um Porta Aberte. Mais Bau ne s’arrête pas là quand Ilha Azul, le titre qui donne son nom à l’album, est baigné d’un jazz où il déploie des solos captivants.
Le Brésil est là avec une bossa nova enjôleuse, comme Vida Torturod ou Ve se Gostas. Bau rend aussi un élégant hommage à un autre as du cavaquinho, le Brésilien Waldir Azevedo dont il reprend Sem Pretensões. A la fois solaire et maussade, mais toujours précis et émouvant, cet album chante l’âme Cap-Vert.
Par Bouziane Daoudi | akhaba.com














