Asmahan Les Classiques arabes (2006)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/02-12/classiquesarabes_asmahan_front.jpg Asmahan Les Classiques arabes par Asmahan 3760051121648

Une compilation judicieuse qui montre l’ampleur exceptionnelle du répertoire de la sublime du Caire prématurément disparue, sensuelle, moderniste et classique à la fois.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 10.9
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Asmahan Les Classiques arabes

label: 
Date de parution: 
2006
Réf
types de supports: 
Digipack
3760051121648
0

La belle et ombrageuse Asmahan est morte dans un accident de voiture à vingt-six ans, en 1944. L’imaginaire arabe l’a vite comparée, trop vite, à Oum Kalsoum. Mais, Asmahan, la sublime, en arabe, ainsi surnommée pour la scène par le grand compositeur juif égyptien Daoud Hosni, était plus moderniste que son illustre aînée toute en respectant les canons classiques de la grands chanson du Caire comme en témoigne ce disque d’une dizaine de chansons où la valse, le tango côtoient le rythme du Nil. Comme en témoignent Konti amali (tu fus mon espoir) et surtout Ya habibi taala (viens vite mon amour), un chant de violons et d’accordéon sucrés. Une mélancolie languide où s’identifient des générations d’apprenties chanteuses du monde arabe. Cela continue encore.

Fille de musicienne, sœur de Farid El Atrache, la princesse druze prend aussi les envolées lyriques de l’opéra pour s’inventer un style, une façon de déclamer très souvent tragique, douloureuse comme un récit dramatique, à l’exemple de Layta li baraqi (j’espère la lumière) que lui a composé son découvreur, le grand Mohamed Qassabji, et écrit le romantique Ahmed Rami, le poète préféré d’Oum Kalsoum, une complainte sur oud, violons toujours, qanun, derbouka, devenu un standard racontant les malheurs d’une femme agressée. Négligence : le titre n’est pas mentionné au dos de la couverture du CD.

Au-delà de son ouverture sur la musique occidentale, Asmahan maîtrise amplement les arcanes de cette chanson du Caire quand elle interprète Emta t’oud (quand reviendras-tu), une langueur qu’elle étire jusqu’à l’ultime note, sa voix pleine de toutes les détresses féminines, alors que la musique prend parfois le ton guilleret d’une opérette. La musique d’Egypte est en pleine mutation au début du XXe siècle. Ou comment la tradition se transforme quand elle rencontre les techniques d’enregistrement, la radio, le cinéma qui, avec une demi-douzaine de films, fera la renommée d’Asmahan d’une rive à l’autre du monde arabe, non seulement pour l’ampleur de sa voix, son modernisme mais aussi pour sa beauté ruisselante de sensualité. Chagrin, attente, solitude, bonheur bref font le répertoire de la sublime qui sait aussi les croyances populaires en chantant Alik salate Allah (la prière de Dieu est sur toi), ode au Prophète.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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