Amar El Achab - Le chaâbi des grands maîtres (2000)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/05-14/chaabigrandsmaitres_front.jpg Le chaâbi des grands maîtres par Amar El Achab 794881602629

A l’occasion d’une reformation musclée sur scène, ce vétéran du chaâbi canonise son maître El Hadj Mohamed El-Anka. Où l’on redécouvre sur sa mandole, des pans entiers de la çanaâ algéroise.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Le chaâbi des grands maîtres

Date de parution: 
2000
Réf
types de supports: 
Digipack
794881602629
0

Le talent d'Amar El Achab a éclos dans les années 1950-60 à l'ombre de de El Hadj Mohamed El-Anka, le maître incontesté du chaâbi algérien old school. Avec lui, El Achab apprendra la rigueur des qasida classieuses. Emigré en France depuis 1976, cet « ankiste » pur et dur déniera ensuite au genre ses évolutions ultérieures, et ce jusqu’à nos jours. A la fin des années 1990, l'Institut du monde arabe lui offre sa scène prestigieuse pour un voyage de deux soirs. Aller simple pour les années 1960.

Banjo, guitare et mandole sont à nouveau réunis. Pour cette occasion, El Achab s’est entouré d’un groupe de vétérans, tels que l’interprète Réda Djillali – excusez du peu – à la guitare, ici avec son compère Merzak Boudjelouah au tambourin târ. Au piano, Mustapha Yacoub remplace discrètement le regretté Mustapha Skandrani.

Chez ces « intégristes » du chaâbi, le temps s'est vraiment arrêté en 1965. L’harmonie de la çanaâ algéroise vissée au corps, ces Blues Brothers en mènent la croisade nonobstant les décades. Au fil des titres, l’auditeur se prend au jeu.

Le concert débute avec pas moins de huit mouvements de suite algéroise –  touchia, insirâf, istikhbâr –, transposés sur la mandole et la guitare. A cet égard, peut-être aurait-il mieux valu nommer l’album La nouba « chaâbi » des cafés.

Après tout, la suite n'est-elle pas au chaâbi ce que le gospel fut au rhythm’n’blues ? A ses débuts, la qasida ankiste en plagiait par exemple les vers classiques : ce fut le chaâbi djedd, ou « sérieux ». Les incorruptibles d’El Achab le portent bien. Ici il substitue à la jubilation des rossignols algérois son ton monocorde, et ce jusqu’au cœur des insirâf classiques en al-husayn ou en raml al-mâya. Aucune méprise possible.

Lors de la seconde partie, les fans d'El Achab en sont pour leur frais avec, enfin, quelques succès proprement chaâbi, à commencer par El Goumri. La précipitation ne cédant rien à la précision, la mandole y vole largement la vedette au piano parcimonieux. S'ensuit une rafale de titres de la même facture : Billah alek yâ râyah, Ishqî mâ hennani, ponctués par la cauda Ishqî wu ghrâmî du maître El-Anka.

Largement renouvelé, le quintet célèbre avec verve l’âge d’or d’El Achab (1964-1975) mais annonce aussi le microcosme chaâbi puriste actuel. Ses Men in Black cultivent ici, une heure durant, une observance quasi-robotique, alors même que sa mandole loquace y fait mentir l’âge des artères du maître. L‘excellente qualité sonore ajoute avantageusement ces prises à sa discographie passée.

Une fois leur forfait commis, on imagine sans peine ces tontons flingueurs gantés remiser religieusement leurs instruments dans leur étui moulé jusqu'au prochain exploit. De l'artisanat ? oui, mais de haute volée. La formule, appréciée de la diaspora parisienne, fera aussi école dans les projets Barbès Café et El Gusto.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

Recommandé si vous aimez
extract1: 
Mots Cles
Région: 
Thème: 
Partager | translate
commentaires
Commentaires:

Amar El Achab était célèbre dans les années 60 grâce aux oeuvres de l'auteur-compositeur Mahboub Bati.