Alireza Ghorbani et Dorsaf Hamdani - Ivresses le Sacre de Khayyâm (2010)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/09-11/ghrobanihamdan_ivresseskhayyam_front.jpg Ivresses le Sacre de Khayyâm par Alireza Ghorbani et Dorsaf Hamdani 794881998524

L’Iranien Alireza Ghorbani et la Tunisienne Dorsaf Hamdani célèbrent les Quatrains d’Omar Khayyâm, le célèbre poète de l’islam pour ses éloges du nectar des dieux.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 15
Type de produit: 
Album

Ivresses le Sacre de Khayyâm

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Date de parution: 
2010
Réf
types de supports: 
CD
794881998524
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On dit que les musulmans chantent le mieux le vin parce qu’il leur est interdit. L’Iranien Alireza Ghorbani et la Tunisienne Dorsaf Hamdani prêtent leurs splendides voix au plus célèbre poète (philosophe, mathématicien, astronome) de l’islam pour ses éloges du nectar des dieux, le Perse mystique Omar Khayyâm (XIe-XIIe siècles). Les deux chanteurs, Alireza en persan, Dorsaf en arabe, interprètent donc les fameux Quatrains, Rubaïyat (en arabe, féminin pluriel), en une création, Ivresses, dans le cadre du festival d’Ile-de-France en octobre 2010 et jouée à guichets fermés sur une musique d’Ali Ghamsary (târ, divan).

Bien sûr, ce n’est pas la première fois que les Rubaïyat sont chantées. L’Astre de l’Orient, Oum Kalsoum (1898 ou 1904-1975), les a déjà déclamées en 1950, mais c’est probablement la première fois qu’elles le sont dans les deux langues que pratiquait le penseur soufi connu en Occident depuis la seconde moitié du XIXe siècle. Dès le premier chant, Le Sacre de Khayyâm, tout est dit en un quart d’heure où se mêlent la lenteur de la contemplation, le lamento blues, l’accélération vertigineuse égale au plus véhément des rocks.

Les mélopées amples de Dorsaf sont vite suivies par la vigueur vocale d’Alireza forgée par des années d’apprentissage de l’art iranien du radif et du tasnif. Les six cordes métalliques, aiguës, du târ inaugural sont ensuite adoucies par les frottements du kamanché de Souhrab Pournazeri. Le chant monte d’intensité. Le zarb de Keyvan Chemirani (udu, bendir), le daf de Hussein Zahawy (darbouka, dayera) et le oud de Sofiane Negra se mêlent au dialogue jusque-là intimiste pour le transformer en ronde frénétique. C’est l’extase, la transe.

Elle sera encore plus déterminante dans le morceau suivant, L’Ivresse en douze minutes. Si la culture d’Alireza Ghorbani est le ghazal, le poème sensuel brouillant les frontières entre amour mystique et dévotion terrestre, Dorsaf Hamdani vient du malouf, la version tunisienne (et aussi de l’Est algérien et de Libye) de l’art arabo-andalou, le plus souvent profane et aussi zélateur du vin, mais où la bienveillance du Tout-Puissant n’est jamais loin.

Parmi les neuf chants de l’album se glisse une interprétation remarquable, Enivrement, une scansion vive, un jazz musicalement impétueux d’un poème d’un autre Persan Jalâl ud-Dîn Rûmî (XIIIe siècle). Le plus grand des poètes soufis, dit Mawlânâ, notre maître, en arabe : « Apporte le vin pur de l’amour et de la liberté/Mais monsieur une tornade approche/Alors plus de vin nous apprendrons à cette tempête/Une ou deux choses sur le tournoiement ». Rûmi est l'inspirateur des derviches tourneurs.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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