Ali Reza Ghorbani - Dokhte Pari Var (2016)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/09-16/alirezaghorbani_dokhteparivar_front.jpg Dokhte Pari Var par Ali Reza Ghorbani Ahang Eshtiaq 01

A nouveau réuni avec le compositeur Mahyar Alizadeh, le cantateur téhéranais renoue avec les atmosphères de bandes originales grandiloquentes du fameux Harigh-e Khazan (Barbad Music, 2012).

label: 
"Médias > Musique"
EUR 0
Type de produit: 
Album

Dokhte Pari Var

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Date de parution: 
2016
Réf
types de supports: 
CD
Ahang Eshtiaq 01
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Dans un contexte de contre-révolution numérique, la scène téhéranaise actuelle nous surprend encore. Confrontées au désamour du grand public pour la musique sonnati, les grandes voix de ce genre redoublent aujourd'hui d'audace quand il s'agit d'écriture plus contemporaine, vouant de la sorte les étiquettes à la désuétude. Chez Ali Reza Ghorbani, sincérité et chant sonnati président néanmoins à ces productions innovantes. C'est forte du succès commercial de Harigh-e Khazan (Barbad Music, 2012) que la paire gagnante Ali Reza Ghorbani / Mahyar Alizadeh affronte le feu généralement redouté d'un second album.

Même si la nuance lyrique n'est pas flagrante à l'oreille occidentale, l'artiste use ici inhabituellement de sa technique sonnati – modulation, tahrir, avaz – à l'endroit de tourments poétiques résolument modernes. Or, ces dernières années, le tahrir glottal de Ghorbani tutoie son firmament. La similitude entre sa puissance, son timbre, et ceux du regretté Mohammad Reza Shajarian trouble les plus attentifs.

Pour Mahyar Alizadeh, le défi consiste alors à ériger à chaque titre un écrin superlatif à cet organe, sans contrainte particulière de moyens. Encensé par le public, Harigh-e Khazan montre la voie : le compositeur réunit sans interdits les cataractes de cordes et les nappes sourdes de synthétiseurs en un fond majestueux pour les mélismes glottaux. Les atmosphères solennelles ou dramatiques alternent, entrecoupées des pièces Marsiyeh, Raaz et Gomgashteh, véritables bouffées orchestrales sans paroles. Alizadeh signe ici, en quelque sorte, sa seconde symphonie.

Ces douces audaces du compositeur ménagent un équilibre délicat à la voix, entre drame et bande originale de péplum (Daryaye Bi Payan). La puissance contenue du avaz vient les cisailler une à une, décuplant de la sorte la tension des poèmes modernes. Sa voix se détache de l'écrin avec tout le contraste attendu. Indéniablement, cette tension lyrique décisive sauve l'album de toute lourdeur. Etabe Yaar réédite par exemple la prouesse du titre Bigharar sur Harigh-e Khazan, un tahrir haletant où le temps reste suspendu prés de sept minutes durant.

Dokhte Pari Var est la suite réussie de Harigh-e Khazan, pour ne pas dire son remake. N'en déplaise aux puristes, cette création ne cède pas au jeunisme ambiant, mais offre plutôt une alternative innovante aux techniques vocales sonnati, là où nombre de leurs pairs s'échinent encore à moderniser le tasnif. Le succès public du duo tient alors presqu'autant à leur esthétique exigeante conjointe qu'au timbre exceptionnel de l'interprète.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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