Al Tarab - Muscat Ud Festival (2006)

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Ce coffret réunit dix joueurs de oud émérites pour exprimer dans tous les tons le sultan des instruments arabes jusqu’à son expérimentation pour orchestre symphonique.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 33
Type de produit: 
Album

Al Tarab - Muscat Ud Festival

ancien prix: 
48€
label: 
Date de parution: 
2006
Réf
types de supports: 
Coffret 4xCD
063757950424
0

En réunissant dix luthistes émérites pour un festival acoustique à Mascate fin 2005, le sultan Qaboos célèbre sans doute davantage sa nostalgie que « la renaissance de la scène omanaise » classique. Une scène habituellement éludée par la diversité folklorique du sultanat. A l’heure des plagiats sirupeux du tarab égyptien par la variété khaleeji du Golfe, qu’attendre d’un tel rassemblement ?

D’abord, le oud égyptien. Ici, Salim Al-Maqrashi (Oman) et Safwan Bahlawan (Syrie) reprennent avec talent leurs maîtres cairotes. Le second, clone mimétique, méconnu, de Mohammad Abd Al-Wahab (1902-1991), révèle un jeu d’accompagnement étincelant. « Le luth doit créer, enchanter, et non éblouir ». Cette maxime de Mamdoh Al-Gebaly résume sincèrement son propre taqsim en mode hijaz de 17 minutes, la grande rêverie centrale de ce coffret, déploiement des finesses du mode maqam.

Ensuite, le chant accompagné de la péninsule Arabique. Le temps d’un festival, deux vedettes du star-system du Golfe reviennent au chant acoustique. Dépouillée de ses hordes habituelles de violons, la voix chaude d’Abadi El-Johar (Arabie Saoudite) gagne en intimisme et en justesse, par exemple sur Tibeh. Le Yéménite Ahmad Fathi (originaire d’Al-Hodeïda), luthiste décalé, fait, quant à lui, le même genre de carrière à succès, mais au Caire. Marqué par le chant péninsulaire si caractéristique, il signe ici quatre chansons typées, parmi lesquelles Sabaya al-balad.

Enfin, le jeu andalou, tel que nous l’offre le maestro marocain Saïd Chraïbi. Joyaux d’ornementations, ses compositions inspirées Andalusiyyat et Takrim ustadi  apparaissent sur scène sous un jour moins serein.

Finalement, quelle innovation ici ? Peut-être ces ambitieuses compositions symphoniques pour oud et orchestre, qui expérimentent le luth dans des genres quasi-philharmoniques inexplorés : les deux compositeurs égyptiens impliqués ici ont échappé aux redites de leurs compatriotes prestigieux de l'âge d'or du cinéma du Nil. Sur le premier mouvement Allegro du concerto pour oud et violon d’Attiya Sharara, le soliste Alaa Husein Saber (Egypte) donne effectivement la réplique à l’Orchestre Symphonique Royal d’Oman dans des paysages européens classiques inattendus. Ni caravanes, ni facilités khaleeji à l’horizon ici. Son compatriote Amar Al-Sherei, quant à lui, réinvestit les grands espaces de la B.O. de Lawrence d’Arabie. Ses compositions épiques, entre symphonies occidentales et orientalisme désuet, mêlent romantisme (mouvement Andante) et touches sporadiques de cor anglais.

Le coffret est judicieusement accompagné d'un impressionnant et prestigieux livret en allemand, anglais, arabe et français, avec photos, pour nous décrire les subtilités des mouvements musicaux réunis en ce bel objet.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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