Aït Bou Guemmez Les Musiciens de l'Atlas - Maroc : Musiques Berbères de l’Atlas (2012)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/05-13/musiquesberberesdelatlas_front.jpg Maroc : Musiques Berbères de l’Atlas par Aït Bou Guemmez Les Musiciens de l'Atlas 602537099115

Réédition essentielle de deux albums dédiés aux folklores montagnards berbères du Maroc, pour (re)découvrir Ahmed Ben Aïssa, le barde sonneur des Aït Bouguemez.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Maroc : Musiques Berbères de l’Atlas

Date de parution: 
2012
Réf
types de supports: 
2xCD
602537099115
0

Il est des disques déjà anciens qui sont des voyages d'exception. Dans le cadre de sa nouvelle série Les Essentiels, Buda Musique marie le superbe album Maroc : Musiques de la Haute Montagne de 1993 à celui du concert à Fourvière en 1997 des Musiciens de l'Atlas de Béni Mellal, en un double CD dédié au folklore amazigh.

Dans les pas du mystérieux barde-berger raïs Ahmed Ben Aïssa, l’enregistrement Maroc : Musiques de la Haute Montagne, nous plonge dans le monde minéral des Aït Bouguemez, vallée enclavée du Haut Atlas d'une beauté inouïe. Univers singulier, dont les missions (1988-1993) des musicologues Lortat-Jacob, Lecomte ou Loopuyt ne sont que difficilement parvenues à résumer individuellement la richesse musicale. Les facéties de rêveur costumé boughanim (homme au roseau) des hautes vallées, vestige culturel, donne un aperçu particulièrement original, loin des poncifs habituels sur le Maroc.

Sonneur itinérant, le raïs est un poète-flutiste entouré de folklores obscurs. Ses airs pentatoniques lancinants à danser (A’hidous, Aghanim et bendir-s, Daour) sont enregistrés ici dans leur jus, entre youyous et double-clarinette aghanim en roseau. Le son grave, nasillard évoque étonnamment, tant par ses boucles pentatoniques que par son bourdon, les lointains chalumeaux zumari de cérémonies de ngoma swahilies.

Le cœur du CD est probablement l’enchainement de danses A’hidous ta agoudal, où alternent les danses rythmées tour à tour par le chant, la flûte et l’aghanim. Ailleurs, Ahmed Ben Aïssa égrène aussi de longs moments de solitude pastorale, au gré de longues plages de flûtes obliques awwada ('Awwada) et gasba (Grande 'Awwada). Ces refrains minimalistes privilégient la mélodie aux tournoiements habituels du Ghania kabyle des Aurès.

Dans un genre mieux connu, l’ambiance primait au concert de la troupe des Musiciens de l'Atlas, mêlant danses villageoises ahidous et chansons pastorales izlan. Tout d’abord, par la profusion inhabituelle de chœurs masculins, sur de nombreux thèmes rendus populaires par les grandes voix amazighes (Rouicha, El Akri, Boutmazought).

La troupe interprète une poignée d’izlan populaires de l’Atlas (Suites Lothar, chant et percussions). Les formes d’accompagnement alternent ensuite, presque toutes dédiées à la danse collective ahidous : flûtes en bambou lyra (instrumental de Lyra), thèmes festifs arasi (Ghaïta), jeu omniprésent du luth lotar.

Encouragées par les youyous du public enthousiaste de Fourvière, le rang des danseuses ondulant se laisse entrainer par un emballement rythmique incendiaire. Brahim Talha s’illustre au lotar par une introduction Taqsim prolongée mais décousue, typique des bardes amazighs. Les deux curiosités de ce concert enlevé sont le Oughnia qadima, chant traditionnel, et le thème des processions soufies (Qadiria), accompagnés de chalumeaux ghaïta.

A elles seules, les prises intemporelles de l’Aït Bouguemez justifient l’acquisition de ce double album dépaysant. Souhaitons que les rééditions des Essentiels continuent à nous enchanter avec la même inspiration.  

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

Albums proches
extract1: 
Mots Cles
Région: 
Thème: 
Partager | translate
commentaires